Ne pas reconnaître que la qualité de l’enseignement universitaire s’est dégradée, c’est faire preuve d’un autisme inquiétant. Et d’un refus d’une évidence flagrante. La détérioration du niveau universitaire devenue visible dans le monde professionnel, qui voit débarquer des diplômés avec des lacunes qui donnent froid dans le dos, n’est pas pour impulser de l’espoir en un avenir lumineux. Il n’est plus rare aujourd’hui de rencontrer des responsables en poste, incapables de s’exprimer correctement dans n’importe quelle langue ou, pire, ayant les plus grandes difficultés à tenir un discours cohérent et logique. Les alertes et avertissements lancés par les spécialistes sur une détérioration de la qualité de l’enseignement à tous les niveaux sont à prendre au sérieux. A moins que les heureux lauréats aient déjà la tête ailleurs. Les Chinois ont compris que c’est bien le pouvoir technologique universitaire et scientifique qui est important. Ils ont mis les moyens sur les laboratoires et les centres de recherche et aussi sur l’enseignant. Ils ont compris que c’est le pouvoir technologique qui donne le pouvoir économique, le pouvoir militaire, et le pouvoir politique. Dans nos contrées, la majorité des bacheliers ne font des efforts que pour entrevoir un espoir d’aller ailleurs. Il y a, à l’évidence, de sérieuses questions à se poser à propos du monde de l’Université. Le fait que les étudiants algériens dans leur écrasante majorité continuent d’avoir comme principal objectif de poursuivre leurs études à l’étranger est symptomatique d’une crise latente. Une université qui semble incapable aujourd’hui de jouer son rôle premier. Dans un pays où la valeur science et connaissance a particulièrement perdu de sa solennité, il n’est pas étonnant que l’Université ne forme plus que des diplômés « bas de gamme ».
De fait, il devient plus qu’impératif de revoir la qualité de l’enseignement dans la formation du supérieur. Seul à même d’entrevoir un avenir meilleur pour une Algérie en besoin de changement.