Hier, lundi, la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite qui a pilonné des positions houthis dans la capitale yéménite Sanaa et instauré un blocus sur les ports et d’autres villes du pays a appelé les civils de se tenir à «plus de 500 mètres» des zones tenues par les rebelles chiites a rapporté la chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariya.

Ceci laisse supposer une intensification des raids sur Sanaa, déjà secouée par des bombardements dans la nuit selon des témoins. Une source aéroportuaire a affirmé que des bases rebelles proches avaient été ciblées, mais l’aéroport lui-même n’a pas été visé.
D’après des habitants, les combats ayant éclaté depuis mercredi dernier entre factions rivales de la rébellion se sont étendus hors de la capitale. Des sources tribales à Sanhan, ville natale de l’ancien président Saleh, au sud de Sanaa, ont indiqué que des violents combats avaient opposé les deux camps dans la nuit de dimanche à lundi. C’est dans ce contexte que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a exhorté dimanche «toutes les parties au conflit» au Yémen «à arrêter toutes les attaques aériennes et terrestres». Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric. M. Guterres est «profondément préoccupé» par la recrudescence des affrontements et des raids aériens à Sanaa et dans d’autres régions du Yémen au cours des derniers jours». «Les combats se sont traduits par des dizaines de morts et des centaines de blessés, dont des civils», a-t-il ajouté.
Ces affrontements empêchent l’évacuation des blessés par les services de secours et interdisent toute sortie à la population pour acheter de la nourriture et les produits de première nécessité, a aussi déploré le porte-parole de l’ONU. «Cette nouvelle flambée de violences ne pouvait intervenir à un pire moment pour le peuple yéménite déjà aux prises avec la plus grande crise humanitaire au monde», a aussi souligné Stéphane Dujarric, en précisant que le blocus imposé au pays par la coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite n’était toujours pas levé complètement malgré les demandes de l’ONU. La guerre au Yémen a fait plus de 8 750 morts depuis l’intervention de Ryadh et de ses alliés en mars 2015 en soutien au gouvernement réfugié dans le sud du pays.