Le Directeur général de l’Office national des statistiques (ONS), Youcef Bazizi, a réaffirmé, hier, que les résultats du 6e Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), lancé depuis le 25 septembre dernier, seront connus dans les trois prochain mois. Il a précisé à ce sujet que «les premières données seront communiquées à la fin du mois de décembre prochain ou au début du mois de janvier 2023». Soulignant que «la communication de tous les résultats «sera étalée sur toute l’année 2023», tout en relevant le fait qu’il s’agit d’«un processus long et profond qui devrait donner un tableau de bord précis sur tout le pays».

Par Sihem Bounabi
S’exprimant, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale pour donner les détails sur le bon déroulement de l’opération de recensement qui se poursuit jusqu’au 9 octobre prochain, le Directeur général de l’ONS a expliqué que «les agents sont munis d’un ordre de passage qui permet de convenir d’un rendez-vous avec les responsables des familles. Le formulaire contient des questions techniques qui nécessitent du temps». Ajoutant que «les chefs de famille sont assurés que la demi-journée qu’ils consacreront aux réponses à ces questions est couverte par l’Etat et l’employeur, qu’il soit public ou privé, n’a pas le droit de la défalquer de son salaire».
Il est à noter que selon un document de l’Office national des statistiques, le RGPH concerne quatre catégories de population dont le ménage ordinaire ou collectif, le ménage nomade, la population comptée à part et la population sans domicile fixe.
Les agents devront recueillir des informations sociodémographiques et économiques pour chaque membre du ménage, en l’occurrence identification des membres du ménage, nuptialité, fécondité des femmes non célibataires, mobilité et migration, éducation et scolarité, utilisation des technologies de l’information et de la communication, difficultés motrices sensorielles et cognitives et activité économique. Le recensement concerne aussi les décès survenus dans le ménage au cours des 12 derniers mois, ainsi que le départ à l’étranger (émigration) au cours des 5 dernières années. De plus, le RGPH concerne toutes les constructions à usage d’habitation et les caractéristiques du parc logement (tous les logements occupés, inoccupés, secondaires, non encore livrés, abandonnés etc.) et tous les logements à usage professionnel.
Pour accomplir cette opération, un budget de près de cinq milliards de dinars a été mis à la disposition de l’ONS, afin de mobiliser 53 000 agents recenseurs à travers le territoire national, plus de 8 000 agents contrôleurs, 2 000 agents suppléants, 3 000 formateurs et 12 000 véhicules pour le transport des effectifs.
Lors du lancement de cette 6e opération de recensement, le Directeur général de l’ONS avait déclaré que la grande nouveauté est que c’est la première fois que l’opération de collecte des données dans le cadre d’un RGPH sera menée en ayant recours aux nouvelles technologies. Ainsi, les agents recenseurs utilisent des tablettes numériques équipées d’une puce SIM 4G au lieu des questionnaires classiques sur formulaire papier. A cet effet, 53 000 tablettes ont été acquises pour conduire cette opération et «les données sont instantanément transférées au serveur où elles sont sécurisées» avait précisé Youcef Bazizi.
Pour rappel, l’Algérie n’a pas effectué de recensement de la population depuis quatorze ans, alors qu’il devrait, normalement, être effectué tous les dix ans. Les dernières données disponibles sur le nombre d’habitants sont celles de l’ONS qui a indiqué que le nombre d’habitants de l’Algérie est passé à 44,6 millions au premier janvier 2021, contre 44,3 millions au premier juillet 2020.
Le 5e RGPH a été effectué en avril 2008. Il faisait état d’une population de 34,8 millions d’habitants. Le gouvernement avait souligné l’importance de cette 6e opération Recensement général de la population et de l’habitat dans un communiqué publié une dizaine de jours avant le lancement de cette opération, en indiquant que c’ est «un moyen privilégié permettant de disposer d’une riche base de données et des indicateurs socioéconomiques d’aide à la décision, permettant une meilleure prise en charge des besoins croissants de la population et une amélioration du service public». Les données de ce recensement seront notamment utilisées pour «la mise en place, le suivi et l’évaluation des politiques publiques au niveau national et local, la mise à disposition du public d’informations statistiques actualisées dans les domaines socioéconomiques, fournir plusieurs indicateurs désagrégés au niveau géographique le plus fin, à l’effet de la comparabilité internationale, et l’évaluation des progrès accomplis par rapport aux engagements entrepris au niveau international». <