Le communiqué d’El Mouradia d’hier annonçant la mise en quarantaine volontaire du président Tebboune est venu rappeler que le risque d’être contaminé par la Covid-19 concerne tout le monde. Personne, ou presque, ne peut affirmer qu’il est, ou qu’il sera, épargné.
Cette information de la Présidence survient au moment où est constaté, depuis plusieurs jours, une augmentation des cas de contamination en Algérie. Si les chiffres ne sont pas (encore !) affolants, la vigilance semble de retour. Toutefois, elle n’est pas l’«œuvre » des citoyens. Effectivement, les agents de contrôle des commerces, appuyés par les services de la police, ne ferment plus les yeux sur les nombreuses infractions constatées ces dernières semaines. Que ce soit à Alger ou dans les autres villes du pays, les sanctions tombent. Le « ramassage » des registres de commerce est devenu très fréquent. D’ailleurs, il n’est pas rare de remarquer que plusieurs « regroupements » sont constatés, entre autres, au niveau de plusieurs commissariats. Il s’agit surtout de commerçants venus s’enquérir de leur situation, après le retrait de leurs registres de commerce.
A ces opérations de contrôle, il est également à signaler un retour d’une certaine paranoïa collective. Les rumeurs vont bon train concernant la « découverte » de mini-clusters dans certains quartiers des villes. Par exemple, dans la capitale, des foyers de contamination sont annoncés ces derniers jours au niveau de quelques quartiers. Il suffit que des contaminations (réelles ou supposées) soient annoncées par des voisins que l’information fait le tour des environs. Rapidement, le quartier, et surtout ses habitants, deviennent « infréquentables ».
Au final, et à défaut d’une seconde vague officielle de Covid-19, elle concerne plutôt la vigilance et la paranoïa collective. Un retour au tout début de la propagation de la pandémie, qui risque d’annoncer une marche arrière, à l’instar de ce qui se passe en Europe. Avec cette nouvelle double vigilance, tout est possible.