Par Hamid Bellagha
Avant même de commencer, il reste déjà beaucoup à faire. C’est ce qui caractérise les relations algéro-françaises économiques sur un important fond de nostalgie politique.
Quels que soient les chiffres entre les deux pays, il y a toujours des tensions entre les dirigeants de part et d’autre de la Méditerranée. Cette fois encore, et malgré les déceptions du passé, l’espoir est de mise pour que les relations se placent sur les bons rails, vierges de toute considération extra économique.
Le Medef et le CAPC ont la lourde tâche de redonner du souffle au «je t’aime, moi non plus» entre l’Algérie et la France. L’après-Gattaz-Haddad, pour le Medef et l’ex-FCE, commencera aujourd’hui à Alger. Aussi bien pour Geoffroy Roux de Bézieux, côté Hexagone, que pour Sami Agli, côté CAPC, l’essentiel sera de redynamiser des rapports en dents de scie depuis des années en essayant, et ce n’est pas facile, de mettre à la marge les considérations politiques qui se sont toujours invitées dans les rencontres entre l’Algérie et la France.
Il faut dire que l’ancienne puissance colonisatrice de l’Afrique n’a pas complètement rompu avec son passé expansionniste, repris à chaque fois en chœur par les partis d’extrême droite qui ont le vent en poupe depuis une vingtaine d’années, tandis que souffler le chaud et le froid était devenu la marque de fabrique de tous les gouvernements français. Geoffroy Roux de Bézieux, dont on dit qu’il est moins «capitaliste et plus économique» que son prédécesseur, pourra sans doute redonner des couleurs à des relations ternies depuis des années, tandis que Sami Agli, toujours aussi discret, avec une tête bien vissée sur les épaules et fort d’une équipe au top, jouera d’égal à égal avec le mouvement des entrepreneurs français. C’est dire que recoller les morceaux s’annonce ardu pour les deux parties, mais pas du tout impossible.
En tout cas, ce retour du patronat français en Algérie depuis trois ans ne s’est pas annoncé par hasard. Le récent rapprochement, encore un, entre l’Algérie et l’Italie, d’abord, la visite de Tebboune en Turquie, la valse des ministres des Affaires étrangères à Alger, surtout ceux de Washington et de Moscou, ensuite, sans oublier les accords avec la puissance chinoise sont autant d’indices qui prédisent une volonté de l’Elysée de regagner ses terrains perdus, tout en sachant que les règles du jeu ne sont plus les mêmes.
C’est donc un rendez-vous, selon les dépêches officielles, qui introduit «le début d’une nouvelle dynamique de partenariat économique».
C’est tout le mal que l’on souhaite aux deux challengers qui se rencontreront aujourd’hui à l’hôtel El Aurassi, à Alger.