Le conseil des ministres de dimanche dernier a encore mis l’accent sur certains outils agricoles à même de tendre vers une autonomie complète dans le domaine des céréales, notamment.
Il faut savoir que le stockage de récoltes record de céréales, ou de lentilles, par exemple, est souvent accueilli par un sentiment de pessimisme et d’angoisse par les responsables des différentes CCLS du pays. Le manque des moyens de stockage faisant qu’une bonne partie des récoltes ne trouvait pas de « gite » ou qu’elle pourrissait lentement car entreposée en plein air.
Le Conseil des ministres s’est penché sérieusement sur le problème en l’exposant au président de la République qui n’a pas tardé à donner des directives rectificatives d’un problème qui ne devait pas l’être.
Tebboune a donc donné des orientations pour la consolidation des capacités de stockage des céréales au niveau national, particulièrement dans les wilayas effectuant de grandes productivités et l’interdiction de l’entreposage dans les lieux non couverts. Ces recommandations ne viennent pas uniquement pour donner un plus qualitatif aux méthodes de stockage, mais l’idée est en fait d’augmenter les réserves nationales stratégiques de céréales.
Réserves stratégiques ! Deux simples mots mais qui résument à eux seuls l’autonomie alimentaire vers laquelle tend le pays depuis des années sans jamais arriver à l’atteindre. Mais vue la conjoncture actuelle des marchés mondiaux de céréales plombés par les évènements en Ukraine, la fragilité alimentaire de l’Algérie n’a jamais été aussi mise en évidence. C’est bien beau de parvenir à exploser les performances des moissons, mais faut-il que l’on ait les moyens de les préserver donc de les entreposer convenablement.
On se rappelle des récoltes record de lentilles réalisées à plusieurs reprises sur les sols de la wilaya de Constantine, relativisées à chaque fois par les capacités de stockage locale qui ne peuvent prendre en charge les céréales et les légumineuses en même temps. Des wilayas limitrophes ont bien été appelées à la rescousse, mais plusieurs quintaux sont restés quand même à l’air libre.
Cette année aussi, on annonce également des records dans les récoltes de légumineuses et de céréales, un soubresaut qualitatif et… obligatoire dû à la probable défaillance des livraisons de blé russe dans le monde.
Et comme trop de bien nuit, comme le dit si bien l’adage, l’Algérie risque assurément de se retrouver avec des récoltes qui dépasseraient de loin les capacités de stockage des coopératives des céréales et des légumes.
Le taureau, pour cela, est pris par les cornes par l’Exécutif qui doit se mettre déjà à l’ouvrage pour pouvoir accueillir les tonnes de céréales et de légumineuses, premiers pas vers une indépendance alimentaire réelle, tant recherchée.