Les enseignants protestataires maintiennent la pression à travers plusieurs wilayas en organisant des actions motivées notamment par la nécessité de préserver le pouvoir d’achat et la revalorisation du point indiciaire à 100 %. La tutelle, de son côté, entame une série de rencontres dès aujourd’hui 17 mai et jusqu’au 29 mai avec une quinzaine de syndicats du secteur sur le statut particulier et des questions d’ordre socioprofessionnel.

PAR MILINA KOUACI
Le ministère de l’Education nationale entamera en effet, dès aujourd’hui, les rencontres bilatérales avec son partenaire social. Au cours de cette semaine, le premier responsable du secteur rencontrera des représentants de cinq formations syndicales. Mohamed Ouadjaout recevra aujourd’hui le Cnapest et le SNTE et le lendemain, l’Unpef, le Snapap et la FNTE.
Ces réunions, qui entrent dans le cadre de la série de rencontres consultatives périodiques avec les partenaires sociaux, seront consacrées en premier lieu au débat et à l’examen des dispositions et mécanismes de révision des statuts particuliers et aux questions à caractère socioprofessionnel.
Cependant, aborder ces deux aspects n’atténuera pas la colère des protestataires, qui se mobilisent depuis quelques semaines pour l’amélioration d’un pouvoir d’achat en chute libre, estiment des voix parmi les syndicalistes conviés. «Nos revendications tournent autour du pouvoir d’achat et du retour à la retraite proportionnelle sans conditions d’âge. La conjoncture actuelle implique de privilégier cet aspect sur celui du statut particulier sur lequel nous avons travaillé pendant trois ans avec Nouria Benghebrit sans que ce projet soit finalisé», dit Abdelouahab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. Ce dernier plaide pour l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs en urgence pour passer ensuite au statut particulier. «Ces rencontres interviennent au lendemain de la multiplication des actions de protestation et les fonctionnaires exigent une revalorisation des salaires. Ressortir le dossier du statut particulier après une profonde léthargie ne calmera pas les travailleurs du secteur», prévient notre interlocuteur.
Il propose d’attribuer une prime spécifique aux travailleurs de l’Education afin de remédier à la détérioration du pouvoir d’achat, en attendant la révision de la politique salariale, invitant le gouvernement à répondre en urgence bien que sa réponse laisse pessimiste, car il qualifie les revendications soulevées d’«irréalisables». Toutefois, il indique que le travail sur le statut particulier ne va pas être refait ex nihilo. «Nous avons travaillé sur ce dossier et avons des propositions à reformuler, comme la modification du statut particulier de l’enseignant de manière à le reclasser au même grade de base que l’enseignant du lycée et du moyen, devenue une revendication phare des enseignants du secteur», dit-il.
Il en est de même pour le secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA) Zoubir Rouina, qui estime que la conjoncture actuelle impose de privilégier le pouvoir d’achat en détérioration sur les autres dossiers. «Notre revendication principale est la protection du pouvoir d’achat et le droit des enseignants au départ à la retraite anticipée», indique M. Rouina.
«Deux revendications pour lesquelles les enseignants sont entrés en grève», précise M. Rouina qui doute de «l’intention du ministère quant à la prise en charge effective des revendications des travailleurs». Ce dernier accuse le ministère de se dérober à ses responsabilités en leur signifiant que les questions du pouvoir d’achat et de la retraite anticipée sont du ressort du gouvernement.
Pour rappel, les doléances des fonctionnaires de l’Education nationale tournent autour de la protection du pouvoir d’achat des travailleurs, la revalorisation à 100% du point indiciaire, la libération des établissements primaires de la gestion des Assemblées communales, l’application du décret présidentiel 266-14 avec effet rétroactif, le statut particulier, la diminution du volume horaire ainsi que la révision des programmes pédagogiques.
Des 23 syndicats accrédités du secteur, le ministère de l’Education nationale a convié 15 organisations pour les rencontres bilatérales. Dimanche prochain, la tutelle recevra des représentants du Syndicat des inspecteurs de l’Education nationale, le 24 mai, le Snapest, des corps communs, des conseillers de l’Education, le SNSAE et le Conseil autonome des directeurs des lycées et le 25, les directeurs du cycle primaire.
Pour sa part, la Coordination des enseignants du cycle primaire n’est pas conviée aux rencontres bilatérales et maintient la pression à travers les wilayas revendiquant la revalorisation à 100% du point indiciaire. n

Début du retrait des convocations aux examens du BAC et du BEM
Les candidats aux examens du Baccalauréat et du Brevet d’enseignement moyen (BEM) session 2021 ont commencé hier dimanche à retirer leurs convocations sur les deux sites de l’Office national des Examens et Concours (ONEC). Avril dernier, le département de l’Education nationale avait annoncé la date du retrait des convocations des élèves scolarisés candidats aux examens nationaux, à savoir du 16 mai au 17 juin pour les candidats au BEM sur https://bem.onec.dz et du 16 mai au 24 juin pour les candidats au Baccalauréat sur https://bac.onec.dz. Par ailleurs, les candidats libres, précise le ministère, peuvent retirer durant la même période leurs convocations à partir des deux sites de l’ONEC (selon l’examen à passer). A noter que l’opération de retrait des convocations pour l’examen de fin de cycle primaire a débuté le 4 mai courant et se poursuivra jusqu’au 2 juin prochain sur le site https://cinq.onec.dz.