Les difficultés auxquelles est confrontée la santé nationale aujourd’hui sont irrémédiablement imputables à l’incapacité à imaginer des solutions et à les mettre en place au service du citoyen. Avec les capacités actuelles du pays, le système de santé algérien est loin, c’est une évidence, de répondre aux besoins.

Et ce pour des raisons diverses dont l’inadéquation entre les moyens humains et matériels mis en œuvre et une demande en perpétuelle progression. Le malade algérien est en droit aujourd’hui de se soigner dans le service public ou privé et acheter ses médicaments dans une pharmacie sans débourser un sous sauf à brandir sa carte Chiffa. Pour la simple raison qu’un affilié à la sécurité sociale est en principe médicalement protégé à l’instar de ce qui se fait ailleurs avec le malade français avec sa carte « Vitale » ou bien encore le Canadien avec sa carte « Soleil ». Il n’en est malheureusement pas le cas aujourd’hui, les difficultés auxquelles est confronté le malade frôlent souvent le surréalisme. L’actualité récente le confirmant aisément. Le bras de fer exacerbé qui a eu lieu entre la tutelle et les médecins résidents avec ses dérives aura fragilisé encore davantage un secteur loin de constituer un exemple de performance. Aujourd’hui, la question du service civil demeure empoisonnante malgré quelques efforts de la part de la tutelle notamment avec les primes d’intéressement. La crise liée à l’épidémie déclarée de choléra durant l’été aura été désastreuse en termes d’image confirmant tout le mal que pensent les Algériens de leur système de santé. Justement, la santé en Algérie a perdu l’élément le plus élémentaire dans l’acte de soigner : la confiance. Beaucoup d’Algériens préfèrent aller dans des pays voisins pour des soins même si cela leur coûte beaucoup. D’ici 2030, les Algériens seront 50 millions d’habitants selon les prévisions, cela signifie que l’univers sanitaire actuel considéré comme transitionnel passera à une situation où la majorité des maladies à prendre en charge seront non-transmissibles. Avec dix fois moins de moyens pour y faire face. Il devient donc impérieux de réfléchir sérieusement à redresser la barre de la santé en Algérie. Une question vitale dans le sens propre et figuré.