Le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo) a exprimé sa satisfaction, en commentant la «bonne nouvelle» du ministère de l’Industrie pharmaceutique concernant la production locale de 37 médicaments qui étaient auparavant importés et 16 premiers bio similaires enregistrés.

Par Sihem Bounabi
Le président du Snapo Messaoud Belambri déclare à ce sujet : «C’est une bonne chose et cela confirme ce que nous avons toujours dit et ce pourquoi nous avons toujours travaillé, la promotion et l’encouragement de la production nationale.»
Il enchaîne : «Cela confirme tout le bien que nous pensons et que nous disons de la production nationale, du moment qu’il y a l’enrichissement des produits fabriqués localement avec l’ajout de ces 37 nouveaux produits, on encourage les industriels locaux à élargir leurs gammes et à augmenter leur production. Nous attendons aussi avec beaucoup d’espoir la réception des projets qui étaient en cours de réalisation».
Messaoud Belambri met ainsi en exergue le fait que plus il y a de nouvelles unités de production, plus il y aura un large éventail de produits fabriqués localement. Ce qui est d’autant «plus encourageant», selon notre interlocuteur, que le ministère de l’Industrie pharmaceutique a toujours affiché sa politique en encourageant principalement la production des médicaments essentiels et «ceci est très important». En ajoutant que la production nationale «s’oriente également vers les bio médicaments et les produits innovants. Des médicaments qui concernent les maladies lourdes, comme le cancer, et qui coûtent très cher à l’importation surtout en milieu hospitalier, et de ce fait c’est une excellente chose et j’espère que ce développement va continuer». En effet, selon le communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique, ces nouveaux médicaments produits localement ont généré une économie de près de 100 millions de dollars.
A propos de l’impact de ces nouveaux médicaments produits localement sur la disponibilité du médicament, le président du Snapo explique que cela va contribuer à la stabilité du marché qui a connu à maintes reprises des ruptures et des perturbations. En précisant que «plus on produit localement plus cela va stabiliser le marché du médicament», insistant sur le fait que «c‘est la production nationale qui peut assurer la stabilité du marché car elle peut assurer une disponibilité du médicament de manière régulière».
Concernant la nouvelle procédure de fixation de prix à même de trouver un équilibre entre le développement de l’industrie pharmaceutique nationale et la régulation budgétaire par la maîtrise des dépenses des caisses de la sécurité sociale, le président du Snapo estime que «le prix du médicament a besoin d’être régulé, mais il faudrait mener une étude minutieuse pour prendre en compte le coût de la matière première, le prix de revient, le coût à la production». Il confie ainsi que «nous avons été contrariés par le passé de la pression continue sur les prix de sorte à les ramener toujours vers la baisse sans pour autant voir le coût de la matière première et tenir compte de toutes les inflations qui ont touché le marché».
Il déclare ainsi que « c’est bien que les prix soient contrôlés et régulés, mais faudrait aussi que cela soit rationnel. Il faut savoir qu’il y a beaucoup de produits qui ont été abandonnés et qui sont en rupture parce qu’ils coûtent plus cher à la production que le prix imposé par l’Etat. On a toujours dit que si on veut vraiment encourager la production nationale, il faut être rationnel et raisonnable. Si la production d’un produit ne peut se faire qu’à un certain prix, il ne peut être commercialisé qu’à ce prix, car on ne peut pas imposer à un producteur ou un investisseur de commercialiser le médicament à un prix inférieur à son prix de revient». «Nous souhaitons que cette politique de prix adoptée par le ministère de l’Industrie pharmaceutique tienne compte du coût réel des médicaments à la production et notamment du prix des intrants, du fret et du taux de change qui ont beaucoup augmenté et se répercutent sur le prix de production».
Par ailleurs, en plus de l’encouragement et du soutien de la production nationale de produits pharmaceutiques, Messaoud Belambri a tenu à rappeler d’autres réformes qui sont en train d’être mises en place pour assurer une stabilité du marché, à l’instar de la digitalisation. Il souligne à ce sujet que « récemment, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a donné un ultimatum jusqu’au 31 décembre 2021». A partir du mois de janvier de l’année prochaine tous les producteurs et les acteurs du médicament procèdent à la mise en place du code barre sur les boîtes pharmaceutiques.
Affirmant que c’est une excellente chose, car cela va aider justement à avoir une visibilité sur la disponibilité des médicaments et les états de stocks et permettre d’assurer une meilleure maîtrise par rapport à la disponibilité du médicament. Il précise : « Lorsqu’on peut avoir une traçabilité et une visibilité sur les mouvements des stocks, c’est une manière de lutter contre les pénuries et les perturbations de la disponibilité du médicament ainsi que sur les rétentions de stocks et les ventes concomitantes que nous avons toujours dénoncé.» Il conclut en déclarant : «s’il y a une augmentation de la production nationale qui accompagne tout cela avec de nouvelles gammes de produits, c’est une excellente chose qui va notamment avoir un impact sur la facture d’importation de médicaments. Les médicaments produits localement coûtent moins cher et, par conséquent, pour le même budget on pourra soigner plus de malades.» <