Le Groupe Algérie Télécom continue, à ce jour, de jouir d’une position monopolistique, la loi actuelle sur les TIC le lui permet. En réalité, la loi en vigueur aujourd’hui autorise l’ouverture à un autre opérateur de téléphonie fixe ainsi qu’à d’autres fournisseurs d’accès Internet, mais la réglementation n’existe pas encore pour contraindre Algérie Telecom à dégrouper son réseau, alors que cette même loi permet l’exploitation de la boucle locale.

Cela va cependant, relativement, changer avec la nouvelle loi en projet sur les TIC qui sera soumise à débat à l’APN, lors de la prochaine législature.
Toutefois, Algérie Télécom va garder le monopole de la boucle internationale. Et c’est cela qui va lui permettre d’être présent par exemple dans le projet de la dorsale à fibre optique qui sera mise en place dans le cadre de la transsaharienne. En fait, l’activité à l’international, Algérie Télécom l’a déjà entamée, avec la signature, il y a quelques jours, d’un mémorandum de coopération dans les technologies de l’information et de la communication (TIC) avec le Mali. Les documents afférents à cette collaboration ont été paraphés par la ministre de la Poste et des TIC, Imane Houda Feraoun, et son homologue malien, Mountaga Tall. L’une des premières retombées de cette coopération algéro-malienne dans les TIC a été la signature, entre le directeur général d’Algérie Télécom satellite (ATS), Mohamed Benabde ouahad, et le directeur général de l’Agence malienne des TIC, Camara Hamed Selif, d’une convention commerciale en matière de fourniture d’internet par satellite. C’est la preuve que les efforts de l’Algérie ont commencé à porter leurs fruits. C’est aussi la preuve que l’entreprise publique peut faire mieux que certains concurrents, au plan régional. Cette convention commerciale permettra au Mali de désenclaver plusieurs de ses régions éloignées grâce à un accès à la connectivité à haut débit. Se réjouissant de l’acquisition de ce marché Internet, Mohamed Benabde ouahad a déclaré que ce sera la première fois de son histoire que l’Algérie, à travers Algérie Télécom Satellite, « va commercialiser de la data et la voix dans un autre pays ». Il est utile de rappeler que lors de la conférence africaine sur la gouvernance de l’Internet, la ministre des télécoms, Imane Houda Feraoun, avait dévoilé les ambitions du pays de fournir son expertise dans les télécoms à plusieurs nations africaines. Elle avait présenté le groupe Algérie Télécom comme la tête de pont de cette stratégie d’expansion du pays dans les marchés africains. Certains de ces projets interafricains ont l’appui de la Banque africaine de développement (BAD). Boubacar Sidiki Traore, le représentant de l’institution financière africaine en Algérie, a déclaré, il y a une semaine de cela, que l’institution a approuvé le financement du projet de la dorsale transsaharienne à fibre optique (DTS) qui doit interconnecter l’Algérie, le Niger, le Nigeria, le Mali et le Tchad. Au-delà de cette interconnexion, Boubacar Sidiki Traore a ajouté que la BAD compte également « accompagner et appuyer les pays respectifs à renforcer et améliorer la résilience et la diversification de leur économie, notamment à travers la mise en place des infrastructures et applications TIC tout en les appuyant dans le renforcement des cadres juridiques et réglementaires y afférents pour lutter contre les défis posés par les innovations technologiques et en particulier Internet ».