La tenue, il y a trois mois, du congrès extraordinaire sanctionné par l’élection d’une nouvelle direction, suivie par la nomination d’un nouveau premier secrétaire, est loin d’avoir signé la fin de la crise interne du Front des forces socialistes (FFS), où la désunion et les tiraillements persistent entre différents «groupes» qui se disputent la gestion du parti.
Cette crise a pris cependant une tournure plus grave suite à l’activité organisée, au nom du FFS, par Belkacem Benameur, qui persiste et signe qu’il est le premier secrétaire légitime du parti et qui a reçu au cours de la semaine l’ambassadeur du Portugal à Alger.
Cette cérémonie est venue ainsi ajouter une couche à l’insistance de Belkacem Benameur – nommé à ce poste par les deux membres de l’ancienne instance présidentielle, à savoir Hayat Taiati et Sofiane Chioukh, pour signifier leur opposition à la nomination de Hakim Belahcel à ce poste par la même instance sous le règne d’Ali Laskri – de ne pas quitter le siège qu’il contrôle depuis plusieurs mois.
Ce rebondissement à travers l’organisation d’une activité au nom du parti a fait réagir la direction du FFS par la voix de son premier secrétaire, issu des résultats du dernier congrès, que Benameur ne reconnaît pas d’ailleurs. «Nous portons à la connaissance de l’opinion publique que Belkacem Benameur ne représente nullement le Front des forces socialistes. Ce dernier, qui orchestre actuellement l’occupation illégale du siège du FFS, au 56, avenue Souidani-Boudjema, agit en violation des textes du parti et de la loi», indique un communiqué du parti. Le FFS souligne, à cet effet, qu’une «procédure disciplinaire est en cours contre cette personne, ainsi qu’une procédure en justice pour occupation illégale du siège et usurpation de fonction».
Dans son communiqué signé Youcef Aouchiche, la direction du FFS rappelle que «depuis le congrès extraordinaire tenu les 9 et 10 juillet dernier, les instances légales au regard des textes du parti et de la loi, sont l’Instance présidentielle élue, ainsi que les instances désignées, ou élues, à la suite du Congrès extraordinaire». Il est également écrit que «le congrès extraordinaire et la nomination de Monsieur Youcef Aouchiche au poste de premier secrétaire du parti ont été dûment validés conformément à la loi régissant les partis politiques». Le signataire du communiqué souligne qu’en «attendant la récupération de notre siège national, nous nous démarquons et dégageons notre responsabilité de toutes les activités qui y seront abritées, quels que soient leur nature ou leurs objectifs».
Voilà qui atteste que le parti n’est pas encore sorti de sa zone de turbulences et qui met encore l’instance présidentielle et le premier secrétaire à rude épreuve, eux, qui n’ont pas cessé à appeler, notamment lors de la célébration des 57 ans de lutte, à un rassemblement de tous les militants du FFS. «Unissons-nous et construisons le FFS autour de nos valeurs communes, de solidarité, de camaraderie et d’unité. La crise est derrière nous et l’avenir est devant nous. Saisissons cette opportunité pour construire un parti fort et moderne en mesure de répondre aux aspirations légitimes de notre peuple», avait déclaré Aouchiche à Tizi Ouzou lors de cette célébration.
Pour sa part, Benameur n’avait pas manqué de critiquer la démarche, estimant qu’il «est inadmissible aujourd’hui «qu’une minorité d’autoproclamés, qui se vante d’avoir trouvé des solutions à la crise, puisse organiser un congrès extraordinaire au grand dam de la base, pour élire une nouvelle instance présidentielle non légitime et tromper de manière scandaleuse les militants». Il a ajouté que «ce présumé congrès extraordinaire, tenu le 10 juillet 2020, frappé d’illégitimité, anémié, asséché de substance politique et entaché de connivence avec un clan du sérail, ne permet nullement à la fragile démocratie de grandir dans des terrains incrustés, malheureusement, dans le jeu de la magouille et du complot».