Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. La peur et la suspicion sont en train d’envahir le quotidien des Algériens, et la cause, c’est évidemment la Covid-19. La recrudescence du nombre de cas contaminés inquiète de plus en plus. Maintenant, le repère n’est plus uniquement le bilan quotidien du ministère de la Santé. Au fil des semaines et des mois, les chiffres officiels étaient rentrés, pour de nombreux Algériens, dans la case «futilités». Tant qu’il n’y avait pas d’alerte et tant qu’aucune nouvelle vague n’était signalée, l’aspect sanitaire en relation avec la pandémie était loin d’être une priorité. Mais, maintenant, les choses ont changé. Le constat de la gravité de la situation est établi. Au-delà des chiffres du bilan quotidien (495 nouveaux cas dimanche), la psychose s’implante «concrètement».
Dans de nombreuses régions du pays, il suffit de voir autour de soi pour constater que de nombreuses personnes -membres de la famille, collègues, voisins- sont soit hospitalisées pour Covid-19 ou signalées «positives». Le retour aux rappels sur l’importance du respect des gestes barrières et de l’importance du port du masque est une réaction logique et impérative. Toutefois, avec «l’ambiance générale» dans le pays, cela reste insuffisant. Et là, intervient un constat de plus en plus «visible», celui de la demande de plus en plus forte sur les vaccins. Certes, ce n’est pas la ruée, mais c’est visible. Il suffit de faire un tour pour prendre l’exemple d’Alger, sur les lieux aménagés à cet effet pour voir que ce n’est quasiment jamais vide. Un changement de comportement qui devrait prendre de plus en plus de proportion dans les prochains jours. Ceux qui ne sont pas encore vaccinés à ce jour, dans la majorité des cas, sont en phase «d’hésitation». La relation quasiment passionnelle, appelée (trop) facilement «complotisme» qui avait régné au tout début de la propagation de la pandémie, sur le «but» du vaccin est en train de s’estomper rapidement. Pour les nombreux ex-récalcitrants, l’heure est à la dure réalité. Devant la Covid-19, la seule riposte possible – même si elle n’est pas suffisante- reste, pour le moment, le vaccin. Certains chantent déjà «qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait la…tranquillité ».