L’apparition de la pandémie du Covid-19 aura provoqué un véritable choc dans le monde entier, suscitant une inquiétude généralisée qui n’aura épargné pratiquement aucun pays.
Le gouvernement a, depuis la déclaration du virus dans la zone géographique à laquelle appartient l’Algérie, pris les mesures les plus urgentes afin de mettre fin à la propagation. Il fallait vite parer au plus pressé face à une déferlante virale qui commençait déjà à ébranler les riches pays d’Europe. Le système de santé nationale avec ses limites s’est soudainement retrouvé confronté à une situation d’urgence avec les moyens du bord. Pour encourager le secteur le plus sollicité, le gouvernement a institué une prime exceptionnelle au profit des personnels de ses structures et établissements publics, mobilisés dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation du virus. La prime est octroyée mensuellement selon des montants forfaitaires allant de 10 000 DA au profit des personnels administratifs et de soutien, 20 000 DA au personnel paramédical et de 40 000 DA au personnel médical. Cette prime est annoncée pour une période de trois mois renouvelables. L’octroi de cette prime peut être étendu à d’autres catégories de personnels mobilisés dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation de la pandémie, a-t-on annoncé. Face à cette situation difficile, l’Algérie a eu à compter sur une aide de taille, celle d’une puissance économique, la seule qui a réussi jusqu’ici un contrôle relatif de la pandémie. Une première cargaison de commandes algériennes auprès de la Chine en équipements médicaux est arrivée composée notamment de 8.5 millions de masques destinés au personnel soignant. Le coût de ces acquisitions est de près de 5 millions de dollars. Plus de 100 millions de masques, un million de tenues de protection pour le personnel médical, 20 000 kits de dépistage sont annoncés. L’Algérie a réussi à ramener la marchandise en 48 heures grâce à la qualité des relations avec ce pays ami.

« Réorganiser sa stratégie »
En dépit de la très forte demande mondiale sur les équipements, notamment les masques, l’Algérie a pu compter sur ses relations historiques avec la Chine pour pouvoir s’approvisionner auprès des fabricants chinois en position de priorité. Des échanges avec des experts médicaux chinois sont désormais entrepris permettant des « éclaircissements » jugés précieux pour l’Algérie face à la stratégie adoptée par la Chine pour endiguer, en l’espace de cinq semaines seulement, le premier foyer planétaire du virus mortel. Jugée importante pour les experts algériens d’être en contact avec leurs homologues étrangers, cette manifestation scientifique permet à l’Algérie de « réorganiser sa stratégie au profit des malades, en bénéficiant de l’expérience reconnue de la Chine », estiment les spécialistes. L’épidémie permet si besoin était de mettre en évidence les insuffisances de notre système de santé national. Et de pallier les manques. A l’instar des autres pays du monde, les moyens de protection masques, gants, gel, blouse jetable tendent à se raréfier. Sans surprise, la solidarité s’est mise en place pour aider à lutter contre la propagation du coronavirus et pallier les faiblesses du système de santé. Collectes de matériel médical, fabrication de gel hydro-alcoolique, distributions alimentaires pour les hôpitaux, en Algérie l’entraide est systématique lors des situations difficiles. Tandis que l’activité économique ralentit, la cadence s’accélère dans les hôpitaux et dans les laboratoires pour faire face. Les professionnels de santé, qui déplorent le manque de ressources et les piètres conditions de travail et de prise en charge des patients, redoutent un pic de l’épidémie toujours à venir. Les professionnels de santé continuent à assurer que seule la discipline des citoyens face aux mesures prise par l’Etat, dont le confinement, pourrait épargner au système de santé d’être submergé.<