La propagation du coronavirus dans le monde et les risques d’une crise économique généralisée ont fait plonger les cours du pétrole. Les membres de l’Opep, qui représentent environ un tiers de l’offre mondiale de pétrole, se retrouvent dans une situation d’urgence. Avec leurs alliés, ils vont se réunir à Vienne afin de trouver une réponse à cette situation menaçante. La question est de savoir s’il y aura bien accord sur une nouvelle réduction de l’offre, dans l’objectif de ralentir l’angoissante baisse des cours. Certains observateurs estiment qu’une nouvelle diminution des quotas serait dérisoire car l’offre mondiale de pétrole est déjà en train de reculer. La forte baisse des exportations libyennes, en raison du blocage des terminaux du pays, et les sanctions américaines contre les exportations de pétrole vénézuélien sont déjà passées par là. Des événements qui influent grandement sur un marché pour le moins volatile. En revanche, une éventuelle absence d’accord à Vienne pourrait précipiter la dégringolade des cours. Avec les conséquences qu’on ose à peine imaginer. Le monde consomme à l’heure actuelle environ 100 millions de barils de pétrole par jour. Dont 14 millions par la Chine. L’apparition de l’épidémie de coronavirus est venue perturber cette configuration mondiale. L’économie chinoise a réduit ses besoins en pétrole de 3 à 4 millions de barils par jour. L’activité du transport aérien, qui consomme à lui seul 8 % du brut de la planète, est également en baisse. Un peu partout, les perspectives économiques sont révisées. L’inquiétude est désormais bien réelle sur, notamment des économies dépendantes comme c’est le cas de l’Algérie. Et à quelque chose malheur est bon, cette épidémie mondiale, qui suscite une appréhension à l’échelle planétaire, est peut-être une occasion pour changer. Décider sérieusement de sortir d’une dépendance morbide en construisant une économie diversifiée, capable de résister aux situations extrêmes.