Parmi les objectifs de cette feuille de route sectorielle, assurer l’approvisionnement du marché en produits énergétiques tous types confondus, renforcer les capacités de production et préserver les parts de marché de Sonatrach à l’exportation.

Le nouveau ministre Abdelmadjid Attar, fraîchement nommé à la tête du département Energie, vient d’entamer sa mission par la préparation d’une nouvelle stratégie énergétique en vue de mettre fin au manque de visibilité qui a prévalu pendant longtemps dans ce secteur. Cette feuille de route a fait l’objet d’une réunion, présidée jeudi par le premier responsable du secteur avec les hauts cadres de la branche, dont les présidents d’agence Alnaft, Arh, Creg et le PDG de Sonatrach. « Cette réunion a été consacrée à la présentation du secteur de l’énergie, lit-on dans le communiqué du ministère de l’Energie cité par l’APS, et la préparation d’une feuille de route sectorielle à court, moyen et long termes, qui porte sur les principaux axes de la stratégie énergétique avec la définition des actions, des engagements et des délais de mise en œuvre ». La nouveauté de cette feuille de route est donc l’inclusion des délais de mise en oeuvre des actions et des engagements contenus dans cette stratégie du secteur. Parmi les objectifs assignés au secteur figurent notamment l’approvisionnement du marché national en produits énergétiques tous types confondus, le renforcement des capacités de production et la préservation des marchés à l’exportation. Ce qu’il faut souligner, c’est que le ministre de l’Energie n’a pas manqué de relever, à la suite des politiques énergétiques menées depuis les années 80, que l’objectif de cette stratégie reste de garantir la sécurité énergétique de l’Algérie à long terme. A court terme, il s’agit de répondre à une urgence exigée par le Président de la République. Dans la foulée, Abdelmadjid Attar a particulièrement insisté sur la nécessité de procéder dans les plus brefs délais à satisfaire les milliers de demandes des agriculteurs et des industriels pour le raccordement en énergie électrique et gaz naturel, afin de contribuer à la création de milliers d’emplois et de valeur ajoutée susceptible de créer de la richesse et de contribuer ainsi au développement économique et social et économique du pays. « Les potentialités sont multiples et énormes particulièrement dans les régions du Sud et des Hauts-Plateaux où les volontés de produire n’attendent que l’énergie nécessaire », a souligné le ministre. Par ailleurs, le ministre de l’Energie a insisté sur la nécessaire mobilisation des ressources hydrocarbures découvertes et non encore exploitées. En ce sens, il a pointé du doigt la nécessité d’accélérer le développement des réserves prouvées et des gisements découverts et non encore développés en privilégiant le recours au partenariat gagnant-gagnant. « Il faut développer le plus rapidement possible les gisements qui ne le sont pas encore ainsi que toutes les autres catégories de réserves possibles et probables dont le potentiel est important », a-t-il précisé. A cet égard, il a appelé à l’accélération de l’élaboration des textes d’application de la nouvelle loi sur les hydrocarbures afin de rassurer les partenaires et les potentiels investisseurs et de lancer les campagnes de promotion du domaine minier dont le potentiel est prometteur.
Quelle synergie entre la stratégie énergétique et transition énergétique ?
Sur les gisements de pétrole et de gaz découverts et non encore exploités, il faut rappeler qu’une dizaine de champs de brut et de gaz devaient entrer en production en 2017-2018 et ne sont pas jusqu’ici entrés en service. Le défi que doit relever Sonatrach est de mettre en production ces champs rapidement pour inverser la tendance baissière en matière de production d’hydrocarbures enregistrée ces dernières années. Quant à la nouvelle loi sur les hydrocarbures, plus de six mois se sont écoulés depuis sa promulgation sans que les textes d’application voient le jour. Si ce frein à l’afflux des investissements étrangers n’est pas réglé rapidement, cela risque de porter un sérieux coup à la crédibilité du nouveau cadre réglementaire du secteur des hydrocarbures et pourrait compromettre le succès du nouvel appel d’offres en matière d’exploration en direction des compagnies étrangères à lancer au second semestre 2020 ou en 2021. Il faudrait relever ce qu’occulte le communiqué, la division du travail qui s’est installée du fait de la nomination d’un ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables dans le nouveau gouvernement. Du coup, le nouveau ministre de l’Energie devra s’occuper beaucoup plus des hydrocarbures qui constituent la locomotive de l’économie nationale. L’approvisionnement du marché en produits énergétiques et le pilotage des programmes d’électrification et de gazéification font partie de ses prérogatives. Par contre, le développement des énergies renouvelables ne font plus partie de son principal périmètre d’action dont l’essentiel est confié à Chemseddine Chitour, le nouveau ministre de la Transition énergétique et des Energies renouvelables. Ce dernier est sur le point de finaliser, selon les informations parues dans la presse, la stratégie sur la transition énergétique dont un nouveau modèle de consommation énergétique plus rationnel. La stratégie énergétique et la stratégie sur la transition énergétique devraient s’effectuer en synergie et en coordination parfaite entre les deux secteurs pour parvenir à cette cohérence d’ensemble et à une politique énergétique du pays plus cohérente, plus efficace. Il ne faut pas oublier que les deux sociétés, qui sont appelées à devenir des acteurs majeurs dans la production d’énergies renouvelables, sont Sonatrach et Sonelgaz qui relèvent du ministère de l’Energie.
Enfin, Abdelmadjid Attar a appelé à mobiliser toutes les synergies et les compétences afin de relever les défis qu’affronte le secteur dans l’objectif de contribuer au développement économique et social du pays. Il a invité les différents responsables du secteur à instaurer un climat de travail serein basé sur la confiance et la stabilité pour faire face aux défis actuels et garantir la sécurité énergétique à long terme. Le ministre de l’Energie a félicité au nom du Président de la République les travailleurs de la raffinerie de Sidi Rezine pour leurs efforts de finalisation des travaux de rénovation de la raffinerie en l’absence de spécialistes étrangers et ceux de l’activité exploration de Sonatrach qui viennent d’annoncer trois découvertes de pétrole et de gaz en effort propre. n