Par Hamid Bellagha
L’organisation et la gestion du foncier industriel reviennent au-devant de l’actualité, après plusieurs essais de réformes, tous voués à l’échec. Un dossier délicat au regard que c’est par le foncier que toute activité industrielle démarre. Cette fois, un avant-projet de loi proposant la création de quatre agences nationales autonomes et spécialisées a été examiné par les services du Premier ministère et dont les premiers jalons devraient être posés prochainement.
Il y avait auparavant une agence foncière au niveau de chaque wilaya, mais son cahier des charges et ses vocations ont vite été détournés à d’autres fins, spécialement pour servir une certaine caste qui avait tous les atouts pour… s’accaparer des terrains et les détourner de leurs orientations originelles.
L’avant-projet promet donc «de réviser et d’harmoniser les modalités d’octroi des concessions du foncier économique en vue d’instaurer une transparence et une efficacité dans le traitement des dossiers, un suivi et un accompagnement des investisseurs et partant de l’amélioration du climat d’investissement par la mise en confiance de porteurs de projets», lit-on dans le communiqué du département d’Aïmene Benabderrahmane, une façon de dire et d’affirmer que ça ne sera plus comme avant, et que les terrains à vocation industrielle seront affectés à des… industriels.
Une lapalissade qui devait prendre forme il y a des années, mais que moult malversations avaient détourné de l’orientation originale. Il faudra, au préalable, pour corriger le tir, récupérer des milliers d’hectares en jachère qui n’ont pas reçu l’once d’un investissement. Un travail de titans qui devrait aboutir à une justice industrielle au profit de vrais hommes d’affaires, nationaux ou étrangers.
Cet avant-projet de loi proposant la création de quatre agences nationales vient à point nommé pour «s’accrocher» au nouveau code des investissements qui a reçu un accueil des plus favorables aussi bien de la part des investisseurs nationaux qu’étrangers. Plusieurs écueils, en effet, ont été levés et le terrain balisé pour un accueil des plus prometteurs pour les néo investisseurs, dont le fameux guichet unique et la disparition du 49/51 qui n’est plus appliqué que dans des domaines de souveraineté bien précis.
Les avant-projets de loi se succède semaine après semaine et font le lit d’une meilleure approche et analyse de la chose économique et industrielle, à condition bien sûr d’appliquer les lois de la république, condition sine qua none pour une amélioration du climat des affaires, délétère malheureusement depuis des décades.