Le président de la République signera aujourd’hui, à l’occasion du dernier Conseil des ministres de l’année, une loi de finances 2018 qui se veut ambitieuse. Une LF comme étape initiale vers le redressement des comptes de l’Etat, pour un retour de la croissance ainsi que pour la stabilisation des déficits.

Une tendance pour mettre de l’ordre dans un environnement économique et commercial devenu au fil des temps de plus en plus incontrôlable. Les chiffres budgétaires des années précédentes devenaient alarmants. La loi de finances 2018 a donc mis en place un certain nombre de mesures destinées à dissuader l’importation de certains biens et consommables. Le but étant de réduire la facture d’importation et, par là même, freiner le déficit de la balance des paiements et stopper la fonte accélérée des réserves de changes. Ces mesures fiscales s’inscrivent dans une stratégie globale de lutte contre les importations superflues. Une réorganisation qui fait grand débat, les habitudes de consommation des Algériens étant en évolution constante. Ce qui fait grommeler certains.
Il faudrait désormais user de modération et privilégier les priorités. En fait, le gouvernement semble vouloir préserver les grands équilibres tout en amorçant un virage vers une gestion plus intelligente des budgets. L’objectif est bien vertueux. Ne plus faire des dépenses superflues et laisser souffler le budget de l’Etat. Avec cette LF, nombre d’entreprises publiques et privées, évoluant essentiellement grâce à la commande publique, devraient pousser un ouf de soulagement. Cependant cette loi de finances 2018 ayant pour but la limitation des déficits et l’entame d’un cycle vertueux est appelée à prouver son efficacité. L’Etat s’est rendu à l’évidence que sans un retour effectif de la croissance, les projets de sortie de crise pourraient être hypothéqués. Et c’est à ce niveau où réside le péril. Il fallait absolument aller dans ce sens et assumer les conséquences. Quitte à exécuter la coupe la plus importante que le budget d’équipement n’ait jamais connu probablement dans l’histoire de notre économie.