Le tourisme saharien a été, hier, à l’occasion d’une journée parlementaire à l’APN, le centre d’intérêt des intervenants, dont des membres du gouvernement et des experts.

Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat, M. Abdelkader Messaoud, a signalé dans son intervention que c’est le tourisme saharien qui fera la particularité de l’Algérie sur la scène touristique mondiale. Un avis que partage aussi l’expert en tourisme, Othmane Sahnoune, qui a profité de cette occasion pour faire le point sur la situation actuelle du secteur. Il a déploré, tout d’abord, qu’il a fallu que les prix du pétrole chutent pour que les pouvoirs publics décident de faire du tourisme un secteur prioritaire. Il a mis en exergue le fait que le tourisme est un ensemble d’activités complémentaires qui sont, toutefois, exercées chez nous selon des méthodes surannées et non coordonnées. C’est l’une des raisons, poursuit-il, qui fait que le tourisme, le saharien y compris, ne répond pas aux attentes. Mais aussi parce que le produit algérien manque d’originalité et ne répond pas aux exigences. «On attire très peu de touristes étrangers qui ne représentent, en termes de devises, que 500 dollars/an. Les touristes algériens à l’étranger, par contre, représentent 500 millions d’euros, soit le coût de 10 complexes touristiques d’une capacité de 400 lits», rapporte-t-il. L’Algérie, fait-il remarquer, est le seul pays qui abrite tant de sites touristiques et culturels classés par l’Unesco mais qui ne sont pas exploités. «Les touristes algériens ne séjournent pas plus de 10 à 15 jours au Sahara. Le tourisme saharien ne rapporte pas grand-chose aux habitants car les touristes ne sont attirés que par les paysages», constate-t-il. Dans ce registre, l’expert, Farid Yaissi, a appelé à cibler les touristes du nord du pays, qui abrite 35 millions d’habitants, pour développer le tourisme saharien. «C’est un gisement important à exploiter avant de viser les touristes étrangers. Mais pour cela, l’attractivité ne doit plus reposer uniquement sur les atouts naturels et culturels du pays mais aussi sur le management et une vision sociologique du tourisme», estime-t-il.
Pour passer d’une conception touristique défaillante à une conception touristique conforme aux attentes, il nous faut, selon M. Sahnoun, une nouvelle approche, en concertation avec tous les acteurs, et corriger ce qu’il y a lieu de corriger. «Travailler sur l’image sécuritaire du pays, régler définitivement la problématique de la bureaucratie, de l’hygiène, des visas, former les guides touristiques, des cuisiniers de circuit et fournir aux touristes la documentation relatire aux sites touristiques», préconise-t-il. Faire des efforts également en termes d’hébergement en mettant en place des modes adaptés, développer le volet gastronomique et restauration ainsi que le volet animation et artisanat qui sont encore pauvres, selon lui, surtout dans le sud du pays. Ce qui fait défaut surtout dans le secteur, d’après le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, c’est la culture de la promotion et de la commercialisation de la destination Algérie. Il s’agit de réfléchir, d’après lui, aux moyens à mettre en œuvre pour promouvoir la destination Algérie sur le marché mondial, et mettre en place une industrie du tourisme à travers la formation. «La mission du ministère de la Culture est la préservation du patrimoine matériel et immatériel. Mais c’est au secteur du tourisme de mettre les mécanismes en place pour l’exploitation de ces richesses», explique-t-il. Des recommandations, par ailleurs, ont été élaborées à l’issue de cette journée consacrée au tourisme et qui seront soumises, prochainement, au Premier ministère. Les intervenants ont recommandé d’encourager le tourisme alternatif intelligent, de soutenir les régions touristiques, sahariennes d’une façon particulière, d’actualiser et de numériser la liste des sites touristiques pour une meilleure exploitation, activer le conseil national du tourisme et actualiser la loi sur le tourisme et l’artisanat.