La filière automobiles restait jusqu’à une date récente, attractive. La preuve, sur 1,16 million d’agents économiques physiques, 544 201 exercent dans les secteurs du commerce et de réparation automobiles et motocyles, soit près de…. 47% de l’ensemble des opérateurs économiques physiques au niveau national. Ces 544 201 agents économiques se composent de 469 863 hommes et de 74 338 femmes. Une étude finalisée récemment par l’Office national des statistiques, et reprise par l’APS, fait apparaître ces données. Les bons chiffres concernent en réalité la filière en 2015, année où l’automobile – et les activités connexes comme la maintenance ou la réparation – n’était pas en difficulté, parce que les premiers effets de la crise n’étaient pas encore perceptibles. Aujourd’hui, la crise est là et le marché automobile est complètement disloqué, en raison de la baisse drastique des importations de véhicules. A partir de 2016, l’automobile a beaucoup reculé sur le plan des ventes. Non seulement, elle ne recrute plus, mais elle se sépare de salariés dont certains étaient en poste depuis quinze ans ou plus. La prochaine enquête de l’ONS sur les activités sectorielles sera totalement différente de la présente, car, la donne a changé, entre-temps. Autre fait marquant de l’étude, le nombre de femmes dans les activités économiques. Il est faible par rapport aux hommes. En chiffres, le nombre d’opérateurs économiques physiques s’est établi à 1,16 million opérateurs à la fin 2015 composés de plus de 1,01 million d’hommes (88% du nombre global) et de 139 283 femmes (12%). Les 

activités répertoriées sont au nombre d’une vingtaine : agriculture et pêche, industries extractives, industrie manufacturière, production et distribution d’électricité, de gaz et d’air conditionné, production et distribution d’eau-assainissement-gestion des déchets, construction, commerce et réparation automobiles et motocycles, transports et entreposage, information et communication, activités financières et d’assurance, activité immobilière, activité scientifique et technique, enseignement, santé-action sociale, art-spectacle. Les autres activités les plus exercées sont celles de l’industrie manufacturière avec 139 277 opérateurs physiques (12% de la totalité), de la construction-bâtiment avec 137 005 (11,8%) et des transports et d’entreposage avec 123 623 (10,7%). Si l’automobile était attractive, pendant le déroulement de l’étude, la finance et l’assurance font partie des secteurs les plus « boudés ». Il s’agit des activités financières et d’assurance avec 320 opérateurs (0,03% de la totalité) et des industries extractives (mines…) avec 899 (0,08%), est-il mentionné dans l’enquête. Cela paraît tout à fait normal dans un pays où le marché financier en est encore à ses débuts. Autre fait à relever : Alger où il y a raréfaction du foncier industriel fait partie des cinq premières wilayas qui concentrent le plus grand nombre d’opérateurs économiques physiques. Les autres wilayas sont Constantine, Tizi Ouzou, Tlemcen et Batna. Ainsi, Alger compte 113 845 opérateurs (près de 10% de la totalité), suivie de Constantine avec 58 917 opérateurs (5,1%), de Tizi-Ouzou avec 43 954 (3,8%), de Tlemcen avec 43 511 (3,8%) et de  Batna avec 42 956 (3,7%). Les wilayas qui  comptent, en revanche, le moins d’opérateurs économiques physiques sont Tindouf avec 2 581 opérateurs (0,22%) ainsi que la wilaya d’Illizi avec 2 766 (0,23%) et El Bayadh avec 6 308 opérateurs (0,54%).

Les séniors en pole position

Autre donnée intéressante de l’étude : finalement, les jeunes promoteurs dont de gros contingents ont le soutien de l’ANSEJ, ne comptent pas beaucoup dans la population des opérateurs. Et, ce sont les personnes ayant 60 ans et plus qui en forment le plus grand nombre. Est-ce à dire que les séniors n’ont pas réussi à passer la main aux jeunes ? Il y a certainement des raisons objectives à cela, des difficultés liées aux petites et moyennes entreprises qui ont du mal à se développer. Mais, les jeunes s’accrochent comme ils peuvent pour s’en sortir. Les séniors sont donc fortement présents dans le monde de l’entreprise avec 377 214 agents économiques, soit plus de 32% de la totalité. Cette tranche d’âge est suivie par celle des 40-49 ans, avec 293 026 personnes (25%), des 50-59 ans avec 268 827 (23%), des 30-39 ans avec 168 741 personnes (14%) et des moins de 30 ans avec 50 687 personnes (4,3%). Il est observé que le plus grand nombre des opérateurs économiques physiques de moins de 30 ans est concentré dans les wilayas d’Alger (4 036 personnes), suivie de Sétif (3.449) et de Constantine (3 384). Quant aux opérateurs économiques de 60 ans et plus, ils se trouvent surtout à Alger (36 814), Tlemcen (18.209), Blida (14 982). n