Sujet d’actualité ces derniers jours, le dossier de l’hydrogène s’est invité à la dernière réunion hebdomadaire du gouvernement. Au menu de l’Exécutif, l’examen d’une feuille de route pour le développement de la filière en Algérie, indique un communiqué des services du Premier ministre.

Par Feriel Nourine
Présentée par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, cette feuille de route compte plusieurs axes inscrits dans le cadre de la stratégie nationale du développement de l’hydrogène. En ce sens, elle «offre aux acteurs nationaux et internationaux la visibilité nécessaire quant aux politiques, réglementations et mesures d’incitation et d’encouragement qui seront adoptées par les pouvoirs publics pour le déploiement de la filière hydrogène dans notre pays», explique le communiqué.
La même source souligne que la démarche tracée à travers ce document «vise notamment la diversification de l’approvisionnement énergétique, le renforcement de la sécurité énergétique, l’accélération de la transition énergétique et la réduction de l’empreinte carbone du pays».
D’où le recours à l’hydrogène, entre autres, où l’Algérie dispose d’un énorme potentiel à faire valoir, pour peu que cette filière jouisse de l’intérêt des investisseurs, notamment étrangers. Il y a à peine une semaine le ministre avait mis en avant le rôle que peuvent jouer ces derniers dans la cadre d’un financement international pour le compte de projets d’énergie renouvelables dont ceux portant sur la filière hydrogène.
Il a rappelé l’introduction de l’hydrogène parmi les priorités du plan du gouvernement, précisant que «la mise en place des dernières retouches sur la stratégie nationale de développement de ce segment est en cours». Toutefois, plusieurs facteurs doivent être réunis pour contribuer au développement de l’hydrogène, a-t-il relevé. Il s’agit notamment de «la création du cadre réglementaire et institutionnel et la préparation du capital humain, ainsi que du transfert de la technologie et du financement, et ce, après la recherche de marchés transparents et compétitifs», a-t-il ajouté. En attendant de réunir ces conditions, des entreprises de pays étrangers affichent déjà leur intérêt pour un partenariat dans le développement des énergies renouvelables en Algérie, à l’exemple de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas ou encore la Norvège, pour ne citer que ceux-là.
Les discussions sont cependant à un stade beaucoup plus avancé avec l’italien Eni, partenaire historique de Sonatrach. Il y a quelques jours, les deux groupes énergétiques ont procédé à l’inauguration d’un laboratoire spécialisé dans l’énergie solaire «Solar Lab», ainsi que la pose de la première pierre d’une seconde centrale solaire photovoltaïque de 10 mégawatts (MW) à Bir Rbaâ Nord dans le bassin de Berkine (Ouragla). Le laboratoire «Solar Lab» vise à «tester différents types de panneaux photovoltaïques dans un environnement caractérisé par des niveaux de rayonnement solaire très élevés» a indiqué un communiqué de la compagnie nationale des hydrocarbures. Ce laboratoire œuvrera, selon la même source, à «la collecte et à l’analyse des données en vue d’atteindre le meilleur niveau de performance technologique dans ce domaine», ajoutant qu’il sera ouvert aux universités et institutions publiques à des fins de recherche. Pour Sonatrach, le laboratoire revêt «une importance stratégique en matière de promotion et de développement des énergies renouvelables en Algérie». Les deux partenaires ont convenu de renforcer la coopération sur des projets autres que les hydrocarbures en Algérie, à savoir des projets d’énergies nouvelles et renouvelables dont ceux de l’énergie solaire, le développement de l’hydrogène et la formation. <