Dormir trop peu augmenterait le risque d’avoir un accident de la route, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale BMC Medicine.

Les chercheurs du Brigham and Women’s Hospital à Boston, aux Etats-Unis, ont mené une étude sur un échantillon de 1 745 hommes et 1 456 femmes, âgés entre 40 et 89 ans, pour examiner la relation entre les accidents de véhicules et deux causes courantes de trouble du sommeil : des nuits trop courtes et l’apnée obstructive du sommeil. L’apnée obstructive du sommeil est un trouble chronique du sommeil pendant lequel la respiration commence et s’arrête de façon répétée pendant le sommeil, réduisant considérablement la qualité du sommeil et augmentant la somnolence. On estime qu’un sixième des femmes et un tiers des hommes aux Etats-Unis souffrent de cette pathologie. La durée de sommeil insuffisante est également fréquente dans la population américaine. En proportion, 25 à 30% des adultes ne dorment que six heures ou moins par nuit, une durée associée à une somnolence excessive. L’étude a montré que l’apnée du sommeil sévère est associée à un risque accru de 123% d’accidents de la route. Et que l’apnée du sommeil légère à modérée est associée à un risque accru de 13%. Dormir six heures par nuit est associé à un risque d’accident accru de 33%, comparativement à des nuits longues de 7 à 8 heures. Pour aider à réduire ces risques d’accident, «nous devons identifier les individus souffrant d’apnée du sommeil et nous assurer qu’ils sont correctement traités pour leur apnée. Nous devons également sensibiliser le public à l’importance d’une bonne nuit pour réduire le pourcentage de la population touchée», a déclaré le Dr Daniel J. Gottlieb, auteur de l’étude. En fin de compte, «nous aimerions être en mesure d’identifier un biomarqueur pour les troubles cognitifs dus à une somnolence excessive», a-t-il ajouté.  Les résultats de cette étude confirment, par ailleurs, les conclusions des chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health. Leur étude, publiée en mars 2016, affirmait que les professionnels de la route touchés par des apnées du sommeil non traités affichent un risque d’accidents 5 fois plus élevé que celui du groupe témoin sans apnée. Les scientifiques ont remarqué que parmi les 1 613 conducteurs touchés par l’apnée du sommeil, 42% ont parfaitement observé leur traitement par pression positive, 35% partiellement, et 23% ne se traitent pas. Et de conclure que traiter l’apnée du sommeil réduit le risque d’accident de la route. L’étude a aussi révélé que les conducteurs atteints d’apnée mais qui suivent leur traitement ont un taux d’accident égal au taux du groupe témoin. On estime que 20% de tous les accidents graves de camions sont dus à la somnolence au volant ou à la fatigue, ce qui expliquerait près de 9 000 morts et jusqu’à 220 000 blessés graves, a déclaré Stefanos Kales, professeur agrégé au Département de la santé environnementale à Harvard Chan School, et auteur principal de l’étude. En Algérie, la route continue à faucher des vies.  Trois mille six cent trente-neuf personnes ont, en effet, trouvé la mort et 36 287 autres ont été blessées dans 25 038 accidents de la route enregistrés durant l’année 2017, selon  le Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR).