A la veille du lancement de la campagne de vaccination contre la Covid-19, prévue au mois de janvier 2021, le mystère entourant l’acquisition du vaccin anti-Covid par l’Algérie commence peu à peu à se dissiper avec l’annonce du Directeur général du Budget Abdelaziz Fayed. Il a révélé, hier, lors de son passage dans l’émission matinale de Chourouk TV, que le budget consacré à l’acquisition du vaccin anti-Covid pourrait s’élever à 20 milliards de dinars (plus de 123 millions d’euros).
Abdelaziz Fayed a ainsi affirmé qu’une première tranche de 1,5 milliard de dinars a été allouée pour l’acquisition du premier quota de 500 000 doses du vaccin contre le coronavirus Covid-19, mais sans préciser quel antidote. Ajoutant que le budget alloué à l’acquisition du vaccin contre le coronavirus est ouvert et qu’il pourrait atteindre 20 milliards de dinars. Il a, par ailleurs, rappelé que 170 milliards de dinars ont été dépensés pour lutter contre la Covid-19.
Même si le choix du vaccin n’est toujours pas connu, mis à part les pistes chinoises et russes de plus en plus privilégiées, notamment pour des raisons logistiques de transports, de stockages, l’annonce du Directeur général du Budget permet de rassurer les Algériens sur la disponibilité des moyens financiers pour l’acquisition de l’ultime arme pour lutter contre le virus mortel qui a déjà coûté la vie à plus de 3 000 Algériens et a fortement aggravé une crise socio-économique qui continue de faire des ravages.
Par ailleurs, selon les fuites qui ont révélé le prix des vaccins dans les médias internationaux, le vaccin anti-Covid-19, le moins cher et qui, grâce à un nouveau protocole, atteint les 90% d’efficacité, est celui développé par Astra Zeneca avec l’université d’Oxford qui coûterait 520 dinars la dose. Quant au vaccin chinois, le Sinovac, il serait de 1 800 dinars la dose, tandis que le vaccin russe Spoutnik V serait à 2 383 DA la dose. Les vaccins les plus chers et les plus compliqués pour l’Algérie à cause des conditions de transport et de stockage nécessitant des températures entre -70°et -80° sont ceux de Pfizer/BioNtech et Moderna. Ce dernier est le plus cher à 4 396 dinars la dose.
Rappelons que de nombreux experts scientifiques, dont des biologistes, immunologues et infectiologues, ont martelé à maintes reprises que pour que cette campagne de vaccination puisse assurer la sécurité sanitaire, il est primordial de vacciner 70 % de la population, soit 40 millions d’Algériens, afin de garantir l’immunité collective.
Afin d’atteindre ce seuil et face aux réticences de plus en plus de personnes à se faire vacciner, plusieurs voix ont suggéré d’imposer un passeport vaccinal pour avoir l’autorisation d’accéder à certains espaces publics et aux lignes aériennes internationales. A noter que dans la majorité des pays des tests PCR négatifs sont déjà exigés aux frontières et la Chine a déjà rendu obligatoire le passeport vaccinal pour ses ressortissants.
Concernant le calendrier de vaccination, dont le lancement est prévu au courant du mois de janvier 2021, alors que d’autres pays ont déjà commencé de vacciner leurs populations, le Dr Mohamed Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique Covid-19, a déclaré, hier, à TSA, qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter étant donné que le système national de la vaccination existe déjà et est prêt pour la campagne, sous réserve toutefois que le vaccin potentiel soit adapté à ce dispositif qui a fait ses «preuves avec d’autres vaccins».
Il a également affirmé que le ministère de la Santé est en train de réactiver ses circuits traditionnels pour pouvoir entamer la campagne de vaccination. Ainsi des directives ont été données aux directions de la santé pour la mise à niveau des équipements de réfrigération dans les structures hospitalières afin d’assurer le respect de la chaîne de froid des lots à acquérir et de son innocuité.
Pour sa part, le Pr Djamel-Eddine Nibouche, chef du service cardiologie au CHU Nafissa-Hamoud (ex-Parnet) à Alger, il y a urgence en la matière. Il met ainsi en exergue que «notre personnel de santé est très fatigué, notre économie a subi un grand coup et nos moyens de lutte s’épuisent rapidement. Les conditions sociales risquent de se détériorer rapidement. Par conséquent, il ne faut pas mettre notre pays en danger. Car un retour à la normale est plus qu’une nécessité».
Le Professeur en cardiologie estime qu’actuellement la «seule solution demeure l’acquisition très rapide d’un vaccin anti-Covid efficace». Même s’il reconnaît que plusieurs interrogations demeurent quant à l’efficacité du vaccin à grande échelle ainsi que la durée réelle de son immunité, il estime toutefois que «ces incertitudes nécessitent naturellement de réfléchir à des campagnes de vaccination pertinentes pour déterminer quel type de population faut-il vacciner en priorité et à quel rythme. L’espoir étant de revenir un jour à une vie normale».