Il y a au moins une personne, parmi les membres du gouvernement écartés lors du dernier remaniement, sur qui on ne saura (jamais !) s’elle a réussi ou pas dans sa mission. Il s’agit de Aïssa Bekkai, ministre délégué au Commerce extérieur.
Il aura été en poste durant 13 mois pour, au bout, se voir montrer la porte de sortie. L’histoire retiendra qu’en quittant le gouvernement, Aïssa Bekkai a «pris» avec lui son département.
Effectivement, dans l’équipe actuelle de Djerad, il n’y a aucune trace de ministre délégué au Commerce extérieur. Une absence qui est passée visiblement inaperçue dans les médias mais dont les retombées risquent d’être néfastes. C’est le discours de plusieurs participants à la réunion de la Chambre nationale de commerce et d’industrie (CACI), organisée hier en visioconférence. Pour eux, la disparition de ce ministère délégué est un mauvais signal. La perspective de trouver des ressources financières autres que celles provenant des hydrocarbures est loin d’être acquise.
L’espoir, selon eux, n’aura finalement duré qu’un peu plus d’une année.
La «sentence» semble, cependant, trop sévère. La «relève» sera, selon toute vraisemblance, assurée par la Direction générale du commerce extérieur. Cette dernière relèvera-t-elle le défi ? Les opérateurs réunis par la CACI sont loin d’en être sûrs, surtout que les défis restent encore immenses. Malgré tous les discours, des problèmes épineux demeurent en suspens. L’un des plus importants, et qui persiste depuis longtemps, est l’image suspicieuse de l’export au niveau des institutions étatiques. Même s’il y a eu, au fil des années, plusieurs exemples d’escroqueries et de dilapidation, la mise à l’écart (non déclarée) des opérateurs du commerce extérieur ne peut être la meilleure solution. C’est devenu même, en ces temps de crise, préjudiciable pour l’économie du pays. Et encore une fois, c’est la contraignante réglementation des changes de la Banque d’Algérie qui est accusée d’être le principal frein pour les opérateurs économiques. Une critique qui est devenue un leitmotiv depuis plusieurs années, et qui semble, au fil du temps, avoir de plus en plus d’arguments valables.
Certes, il est primordial de protéger l’économie nationale mais n’est-il pas temps de revoir toutes les réglementations appartenant à un monde ancien ? Les ressources humaines, sur tous les fronts, existent, il ne reste qu’à leur donner le «champ» pour qu’elles puissent apporter la plus-value indispensable au pays.