Une délégation du MEDEF devrait arriver, aujourd’hui, à Alger, à l’occasion de la tenue du Forum d’affaires algéro-français visant à renforcer la coopération économique entre la France et l’Algérie.

Par Hakim Ould Mohamed
«Geoffroy Roux de Bézieux, président du Mouvement des Entreprises de France (Medef) mènera une délégation de chefs d’entreprise à Alger les 23 et 24 mai 2022. La délégation est composée d’une quinzaine de chefs d’entreprise opérant en Algérie dans les secteurs de l’industrie automobile, de l’énergie, de l’agro-industrie, de l’industrie pharmaceutique, des transports, du BTPH, des services…etc», lit-on dans un communiqué diffusé, hier, par la Confédération algérienne du patronat citoyen CAPC. A l’occasion de cette visite, un forum d’affaires devrait se tenir, réunissant essentiellement des patrons de la CAPC et MEDEF. «Cette rencontre, qui entre dans le cadre des relations historiques et stratégiques entre les deux organisations, a pour objectif de redynamiser la coopération économique entre les entreprises algériennes et françaises», souligne l’organisation de Sami Agli dans son communiqué. «Le forum d’affaires algéro-français sera l’occasion d’échanger sur la dynamique économique de l’Algérie portée par un nouveau cadre réglementaire d’investissement stable, transparent et compétitif et sur les opportunités de coopération entre les entreprises françaises et algériennes», soutient la CAPC. Cela fait trois années que le MEDEF n’a pas mis les pieds en Algérie, du moins officiellement en tant qu’organisation. C’est à 2018 que remonte, en effet, la dernière visite du MEDEF à Alger ; une délégation d’une soixantaine d’hommes d’affaires a été alors conduite par Pierre Gattaz et un forum d’affaires algéro-français fut crée avec le FCE (Forum des chefs d’entreprises), présidé alors par Ali Haddad qui fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires. La rencontre d’aujourd’hui se veut le premier forum post-Haddad et Gattaz. Aucune information n’a filtré jusqu’ici sur d’éventuelles entrevues regroupant le patron du MEDEF avec les officiels algériens. Il faut dire que les relations politiques entre l’Algérie et la France ont été marquées ces dernières années par des tensions, mais une politique de dégel semble être menée par les autorités des deux pays puisque des ministres français ont séjourné à maintes reprises à Alger, alors que les Présidents des deux pays, Emanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, ont échangé au téléphone à plusieurs reprises.

Beaucoup reste à faire
La tenue de ce forum d’affaires pourrait être l’opportunité idoine pour dynamiser la coopération entre les deux pays, restée figée depuis maintenant plusieurs mois compte tenu du froid diplomatique qui a caractérisé les relations entre les deux pays. Quoi qu’il en soit, Alger verra le lancement, lundi, de la première édition version Agli- Roux de Bézieux du forum d’affaires algéro-français, une rencontre destinée, dit-on, à lier plus étroitement les deux économies via un cadre de travail commun arrêté en 2018. La CAPC et le MEDEF veulent en tout cas que cette rencontre soit le début d’une nouvelle dynamique de partenariat économique. Au plan des échanges entre les deux pays, la France demeure le second fournisseur et deuxième client également de l’Algérie. Avec, au compteur, 6,9 milliards d’euros d’échanges commerciaux en 2020, l’Algérie est considérée comme étant un partenaire économique important. Cependant, les échanges entre les deux pays ont connu un important déclin ces dernières années, soit une baisse de -24 % en 2020 et -2 % au premier semestre de l’année dernière. La part de marché de la France dans la structure globale des importations de l’Algérie a ainsi chuté à 10,6%, loin derrière la Chine qui demeure confortablement installée au point culminant de la pyramide des principaux fournisseurs de l’Algérie avec une part de 16,8%. La France est restée également l’un des principaux clients de l’Algérie, le deuxième en 2020 (13,3 % du total des exportations algériennes), derrière l’Italie (14,7 %), mais devant l’Espagne (10 %) et la Chine (5 %). Au chapitre des investissements, plusieurs dizaines d’entreprises françaises sont recensées en Algérie dans divers secteurs d’activité, notamment les transports, l’automobile, l’agroalimentaire, la banque/assurance et de la pharmacie. Le stock d’IDE (Investissements directs étrangers) français en Algérie s’élève à seulement 2,9 milliards d’euros, plaçant la France à la troisième case, derrière les États-Unis et l’Italie. Beaucoup reste à faire pour ainsi dire aussi bien au plan des investissements qu’au plan des échanges afin d’élever la qualité du partenariat algéro-français.