La baguette de pain a été cédée, hier, à 15 DA dans plusieurs localités du pays au lieu de 8 DA, comme l’exige la réglementation nationale en vigueur, a-t-on appris de plusieurs sources locales à Alger, Béjaïa, Oran, Annaba et autres. Une information confirmée par l’Association de protection et l’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce), sur sa page Facebook.

Des consommateurs ont été surpris, hier, par cette décision prise en dehors du cadre légal. Certains boulangers notamment à Tizi Ouzou et Alger avaient prévenu dès jeudi leurs clients des nouveaux tarifs. Des affiches annonçant cette hausse ont été postées par certains boulangers à l’entrée de leur magasin. A l’origine de cette démarche, une décision unilatérale prise lors des assemblées générales des boulangers tenues dans quelques localités du pays.
A Béjaïa, c’est carrément la section locale de l’Association nationale des commerçants et des artisans (ANCA) qui a appelé à la révision à la hausse des prix du pain sans se soucier du respect de la loi et des rappels à l’ordre envoyés par la direction nationale de cette même association.
A Oran, des boulangers affiliés et non affiliés à des organisations professionnelles ont procédé, de leurs côtés, à des hausses du prix du pain.
Réagissant en urgence à cette situation, l’Apoce a appelé les consommateurs à signaler immédiatement auprès des services de sécurité tout boulanger qui vend à 15 DA la baguette de pain. Elle a également appelé les pouvoirs publics à agir en urgence pour stopper cette fronde qui risque de provoquer l’irréparable. L’association a pu vérifier cette hausse à El Beyadh, Tipasa et Tizi Ouzou. Tout en soutenant une partie des revendications des boulangers, l’Apoce appelle au respect de la loi et à l’ouverture des portes du dialogue entre les boulangers et les pouvoirs publics représentés par le ministre du Commerce en vue de trouver une solution au problème du prix de revient du pain qui ne cesse d’augmenter devant des prix de vente stables depuis deux décennies.

La police intervient à Bordj Menaïel
Les services de sécurité sont intervenus dans la commune de Bordj Menaïel, dans la wilaya de Boumerdès, pour rappeler à l’ordre les boulangers. Selon l’Apoce, toujours, la police a retiré les papiers des boulangers ayant augmenté le prix du pain et établi des P-V à ces derniers. L’association appelle les services de sécurité à agir de la même manière dans toutes les régions du pays où la hausse a été confirmée.

L’ANCA se démarque de sa section de Béjaïa
Contacté par nos soins, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), Hadj Tahar Boulenouar, nous a confirmé la décision prise par la section de son association à Béjaïa d’augmenter le prix du pain. « Notre section à Béjaïa a agi en dehors des instances nationales de l’association. Nous n’adhérons pas à cette démarche », a-t-il déclaré. Il ajoute : « Un rappel à l’ordre a été envoyé aux responsables locaux de l’association à Béjaïa pour qu’ils reviennent sur leur décision, en attendant de trouver une autre solution à ce problème. » Pour lui, les boulangers doivent respecter la loi fixant les prix des produits subventionnés. « Nous comprenons la détresse des boulangers qui ne peuvent plus couvrir leurs charges, mais toute révision des prix doit passer par les autorités concernées », a-t-il expliqué. Interrogé sur l’origine de cette affaire, notre interlocuteur nous dira que ce problème date de plusieurs années. « Le prix du pain n’a pas augmenté depuis 20 ans et les charges liées à sa préparation ne cessent d’augmenter. A titre d’exemple, la levure a augmenté deux fois cette année. Les charges actuelles ne peuvent être supportées par 8 ou 10 DA la baguette », dit-il. La solution, selon lui, réside dans la révision de tout le système des subventions des produits alimentaires. « Nous devons passer à l’aide directe des personnes nécessiteuses et libérer par la suite des prix. Sans cette solution, nous allons continuer à baigner dans ce genre de conflits », a-t-il estimé. L’ANCA va entamer dès dimanche des rencontres aussi bien avec les commerçants que les responsables du ministère du Commerce en vue de dégager un consensus sur cette affaire, indique la même personne.