Il est bien connu qu’une crise peut en cacher une autre. Et c’est le scénario qui se produit actuellement en Algérie avec la crise sanitaire de coronavirus qui occupe continuellement la une de l’actualité nationale, reléguant au second plan bien des événements importants qui se produisent au quotidien sans pour autant attirer toute l’attention qu’elles auraient pu susciter en d’autres circonstances.
Une échelle des priorités somme toute justifiable, au vu de cette focalisation naturelle qu’impose la maladie infectieuse à travers ses déclinaisons sociales, économiques et mêmes culturelles.
Mais une crise peut aussi en montrer une autre. En témoignent ces chaînes humaines interminables qui se tissent à longueur de journée devant les bureaux de poste pour les retraits d’argent. Or, ces scènes sont loin d’être inédites. Au contraire, elles ont toujours été ainsi provoquées en période d’approche de l’Aïd El Adha ou en d’autres circonstances qui nécessitent des retraits massifs de liquidité par les millions d’usagers du réseau postal. Ces liquidités ont également toujours montré des signes de tarissement face à ce type de demande hors-norme.
Il reste néanmoins que dans le cas de ce qui se passe ces derniers jours devant les bureaux d’Algérie Poste, c’est la Covid-19 qui est venue s’en mêler et rendre la situation encore plus difficile gérer, à travers notamment les nouvelles règles de travail qu’elle a imposées et les mesures de distanciation physique qu’il faut respecter dans ces lieux.
Une crise sanitaire qui est surtout venue montrer le retard accusé par le pays en matière de payement électronique. Celui qui aurait pu participer aux mesures de prévention en rendant inutiles toutes ces foules à languir des heures devant les bureaux de poste en quête de leur dû, mais aussi ailleurs où tout s’achète et se vend en argent liquide.
Mais là est une autre histoire…