Le pôle des partis démocrates réunis au sein du groupe des «Forces de l’alternative démocratique» a mis en place une commission dont la mission est de prendre en charge les préparatifs de l’organisation d’une conférence nationale de dialogue qui réunirait autour d’une même table l’ensemble des acteurs politiques, ainsi que des personnalités et des représentants de la société civile et d’associations.
L’objectif étant de débattre, tous ensemble, pour une sortie de crise du pays et, pourquoi pas, d’aboutir à une feuille de route ou une plateforme unifiée à présenter au pouvoir, selon un membre du pôle des démocrates.
En premier lieu, et c’est ce qu’il estime être le point le plus important, «c’est de recontacter tous ceux qui ont signé le pacte le jour même de sa naissance, soit le 26 juin dernier, à l’occasion de l’organisation de la conférence nationale de dialogue et de concertation», qui s’est déroulée au siège du RCD, pour rappel, faute d’obtention d’une autorisation des services concernés pour une salle plus appropriée pour de telles rencontres.
Pour le moment, il s’agit donc de reprendre les consultations avec «tous les signataires du pacte, parce qu’il y avait un bon nombre de signataires parmi les personnalités et représentants de la société civile, en plus des partis politiques qui sont eux-mêmes initiateurs et signataires du pacte», à savoir le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD), le Parti socialiste des travailleurs (PST), le Parti des travailleurs (PT), et l’Union pour le changement et le progrès (UCP), auxquels s’est jointe la Ligue algérienne pour le défense des droits de l’Homme (Laddh) représentée par maître Noureddine Benissad.
Pour l’heure, les signataires du pacte ont prévu de programmer une rencontre entre eux afin de plancher sur ce qui a été réalisé et de tracer un programme de travail qui devra être accompli dans le cadre de la préparation d’une conférence nationale, dont la date, nous dit-on, n’a pas encore été fixée. «Il est difficile de prévoir une date à ce stade. Il faut attendre encore un peu, voir l’évolution du travail pour pouvoir, ensuite, se prononcer sur une date qui arrangerait tous les participants», nous précise-t-on.
En parlant de participants à la future conférence nationale, les «Forces de l’alternative démocratique» prévoient de ratisser large en invitant au dialogue le maximum d’acteurs politiques, à l’exception des partis de l’ex-Alliance présidentielle. «Il faut, également, qu’on intègre les autres, surtout la société civile. Nous devons donc discuter avec RAJ (Rassemblement actions jeunesse), avec l’autre aile de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh) représentée par son vice-président Saïd Salhi, en plus des associations, syndicats et autres membres du collectif appelé «Dynamiques de la société civile». «Il est important pour nous d’élargir le débat en essayant de prendre langue avec d’autres parties qui sont pour le dialogue en vue de trouver une solution à cette crise politique qui dure depuis près de cinq mois», insiste notre interlocuteur. Dans ce sens, le pôle des démocrates envisage d’entreprendre des discussions ou consultations avec les partis réunis au sein des «Forces de changement» qui ont tenu un «Forum national de dialogue» le 6 juillet dernier et qui a été sanctionné par ce qu’on appelle la plateforme de Aïn Benian. Les Forces de l’alternative démocratique envisagent, également, de rencontrer l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi, d’autant que celui-ci s’est toujours montré très communicatif et ouvert à toutes les initiatives, même si, pour lui, le dialogue pour une sortie de crise devrait avoir pour finalité l’organisation d’une élection présidentielle, alors que le bloc des démocrates privilégie le passage par une période de transition «pour un changement total du système décrié, tel que revendiqué par le peuple depuis sa sortie dans des marches imposantes tous les vendredis depuis le 22 février 2019».
Quoi qu’il en soit, au niveau des Forces de l’alternative démocratique, «l’optimisme» est de mise ainsi que «la détermination» de réussir l’organisation de la conférence nationale de dialogue, cela d’autant que le but est noble et puise sa motivation dans «la mobilisation et la détermination du peuple algérien, plus que jamais décidé à imposer pacifiquement un changement radical du système autoritaire».<