Les trois derniers jours ont été marqués par une remise en liberté pour une cinquantaine de détenus qui ont bénéficié de ce qui peut être considéré comme un geste d’apaisement, au moment où
des voix dans les milieux politiques réclament l’élargissement de cette mesure à tous les détenus.

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est ce qu’a indiqué le Front des forces socialistes (FFS) dans sa réaction à cette mesure, estimant que cette démarche doit être généralisée à l’ensemble des détenus d’opinion. Relevant dans un communiqué, rendu public le 1er avril, avoir pris acte de cette opération, le plus vieux parti de l’opposition a souligné que cette démarche, qui est et restera l’une des revendications du FFS, doit être généralisée à tous les détenus d’opinion, outre l’annulation des poursuites à leur encontre et leur réhabilitation».
Le FFS considère que de tels actes, «s’ils sont accompagnés par une véritable volonté politique en vue de bâtir un Etat de droit et asseoir des pratiques démocratiques, sont de nature à instaurer un climat d’apaisement et à rétablir la confiance qui permettraient d’entamer un processus politique consensuel visant à bâtir un Etat souverain et fort avec l’adhésion de son peuple».
« Nous appelons à la libération des champs politiques, syndicaux, associatifs et médiatiques et à la levée de toutes les restrictions aux libertés fondamentales, individuelles et collectives, afin de réunir les conditions optimales pour l’ouverture d’un dialogue national global aboutissant à un contrat national consensuel, fondateur d’un réel changement, radical et pacifique », lit-on dans le communiqué du FFS. Le parti considère que « l’engagement collectif et l’engagement dans un tel contexte sont de nature à conjurer les multiples dangers qui menacent notre Etat national ».
De son côté , le Parti des Travailleurs (PT), par la voix de sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, a réitéré, mercredi dernier, avant même que soit enregistrée la première vague de libérations des détenus, sa demande pour « des mesures d’apaisement » et pour « l’abandon des poursuites et arrestations des manifestants ». Pour sa part, l’avocat Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme, a indiqué, sur les réseaux sociaux, qu’une « soixantaine de détenus ont été libérés en l’espace de deux jours », faisant remarquer que « la cadence s’est un peu ralentie dans l’après-midi de jeudi à la grande déception des familles regroupées devant les portails des différents établissements pénitentiaires du pays».
Le même responsable a relevé que « la procédure d’élargissement des détenus d’opinion, lancée le 30 mars, a concerné, pour l’instant les prisons implantées dans 13 wilayas, Alger, Tizi-Ouzou, Tlemcen, Ouargla, Jijel, Blida, Aïn Témouchent, Boumerdès, Bordj Bou-Arréridj, Sétif, Constantine, Chlef et Batna. Il a indiqué qu’« aucune annonce officielle n’est venue étayer ces mesures » et « même les avocats des prisonniers ne voient pas d’explication juridique à ces libérations ».
Le président du Syndicat national des magistrats (SNM), Issad Mabrouk, a partagé, quant à lui, un post sur facebook, dans lequel il a indiqué, que « mettre en détention des gens sans motifs solides est un acte arbitraire et un signe d’oppression », ajoutant, que « les libérer en réponse à des états d’âme ou pour plaire à d’autres désirs ne fait qu’entacher l’image de la justice ».
A noter que le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a rendu publique, jeudi dernier, une liste des détenus qui venaient d’être libérés. La même source a précisé que 15 prisonniers d’opinion ont été libérés à Alger, 2 à Ouargla, 3 à Jijel, 3 autres à Tizi Ouzou, 8 à Tlemcen, 4 à Blida, un seul détenu à Boumerdès et à Aïn Témouchent, 2 à Bordj Bou-Arréridj, 2 à Batna, 4 à Sétif, 3 à Constantine et 5 à Chlef.