La récupération de l’argent transféré illicitement à l’étranger reste toujours un dossier en suspens. Pourtant, il ne remonte pas à hier. Un an et demi après les promesses du candidat à la présidentielle de décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune, rien de concret n’est venu éclairer l’opinion publique. C’était, et c’est encore, le principal engagement de celui qui allait devenir le premier magistrat du pays quelques mois après. La formule, utilisée par Tebboune à l’époque, est d’ailleurs restée dans les annales «je sais comment récupérer les milliards de dollars pillés à l’Algérie».
Depuis, à chaque fois qu’il était interpellé sur le sujet, lors de ces sorties médiatiques, Abdelmadjid Tebboune répondait que tout dépendait de la justice. Depuis hier, et donc deux ans et demi après, les choses semblent s’accélérer. L’intervention du Procureur de la République au Pôle pénal économique et financier près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), Chaker Kara, devant les journalistes a été bien plus prolifique en «détails» que tout au long des derniers 18 mois. Toutefois, rien n’est encore gagné. Il a été question essentiellement de tout ce qui a été récupéré comme argent et biens immobiliers, au niveau local. Il reste le grand chantier à réaliser à l’étranger. Pour ces cas, il va falloir attendre encore. Le procureur a évoqué «certains obstacles internationaux» qui entravent les démarches et cela va nécessiter «beaucoup de temps».
Tout indique que l’échéance des élections législatives a été choisie comme un repère pour cette sortie de la justice, qui est venue juste après les deux derniers entretiens accordés par le président à des médias étrangers (l’hebdomadaire français, «le Point», et la chaine TV panarabe, Al jazeera).
C’est carrément une campagne qui ne dit pas son nom. Le but est, sans aucun doute, de mettre le paquet pour la réussite de l’élection de samedi prochain. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que ce les élections législatives du 12 juin sont le premier rendez-vous aux urnes, depuis le Hirak, auquel le président va «assister». La maladie l’avait empêché d’être présent au référendum sur la nouvelle Constitution qui s’était déroulée le 1er novembre 2020. Le taux de participation de 23,14 % reste comme un boulet.