Pas moins de 1 000 plants de caroubier ont été réceptionnés, vendredi 27 novembre, par l’Institut technique de développement de l’agronomie saharienne (ITDAS). Les travaux de plantation auront lieu très prochainement, selon la Directrice de la ferme de démonstration et d’expérimentation des semences d’Ouargla, « El Barhana », Mme Wafa Moussi. L’encadrement technique, la formation et le suivi de l’opération et des agriculteurs seront assurés par les cadres de la ferme.

Une expérience pilote pour la culture du caroubier, appelé scientifiquement Ceratonia siliqua, a été lancée pour la première fois dans le Sud du pays par l’ITDAS. Une pépinière régionale pilote de culture de caroubier sera installée dans les jours à venir à la ferme d’El-Barhana, permettant d’étudier les capacités d’adaptation de la plante au climat et à l’environnement aride, notamment à la présence de sel dans le sol et au stress salin, explique la responsable de la ferme. Elle sera également un lieu de référence pour les investisseurs en ce qui concerne les techniques culturales et l’entretien de la plante.
Les espaces publics, facultés, certains établissements scolaires, le chantier de la nouvelle prison d’Ouargla et les exploitations agricoles sont les lieux ciblés par la campagne de plantation, qui aura lieu la semaine prochaine, selon les cadres de la ferme El-Barhana.
L’introduction de la culture de caroubier à Ouargla vise la diversification et l’adoption de nouvelles cultures industrielles stratégiques dans le Sud. Cet arbre est apprécié surtout pour son ombrage mais surtout cultivé pour son fruit, le caroube, aux usages multiples en phytothérapie, comme dans les préparations culinaires ou ornementales. Le caroubier présente un intérêt grandissant, pas seulement en raison de sa rusticité mais aussi de sa valeur ornementale et paysagère, de son indifférence vis-à-vis de la nature des sols, pour sa pulpe, ses graines et sa gomme qui font l’objet d’un commerce important en direction de l’Europe et dont la valeur dépasse largement celle de la production ligneuse, explique notre interlocutrice.
La gomme de caroube est très riche en galactomannane, extraite des graines du caroubier, elle est utilisée comme un conservateur à l’échelle industrielle. Présentée sous plusieurs noms, notamment farine de grains de caroube ou agent de texture (E410), elle est connue comme additif alimentaire (agent de texture végétale et conservateur), ajoute Mme Moussi.
La récolte des gousses de caroube se fait généralement entre juillet et août après maturation, environ 500 graines/kg. Un arbre en pleine production peut fournir entre 300 et 800 kg de caroubes par an, nous fait savoir un ingénieur.
Le caroubier a d’énormes intérêts socio-économiques et écologiques, affirme Mme Moussi. Grâce à son aptitude à développer différentes stratégies d’adaptation hydrique, cet arbre s’installe favorablement dans les zones arides et semi-arides. Chez les pays voisins, les gousses entières, la pulpe, les graines et la gomme font objet d’un commerce important en direction de l’Europe. Dans le but de promouvoir et développer cette culture, l’Association nationale de développement du caroube a installé son bureau dans la wilaya d’Ouargla, la semaine dernière. « Elle veillera à l’application du programme dressé par le ministère de tutelle, concernant l’adoption et le développement des cultures stratégiques sur les terres sahariennes, et assurera un suivi technique de cette plante », indique Hamani Moussa, secrétaire général de l’association, bureau d’Ouargla. Ce dernier a affirmé que les essais techniques menés jusqu’à maintenant sur l’adaptation de cette plante aux conditions climatiques de la région ont été fortement satisfaisants. Dans un premier lieu, des journées et des séances de sensibilisation vont être organisées, très prochainement, avec les agriculteurs et les investisseurs locaux pour leur faire connaître la plante et son importance sur les plans paysager et économique. Les efforts se focalisent d’abord sur la sensibilisation afin de faire connaître la plante, méconnue dans le Sud puis, sur la généralisation de la plantation du caroubier dans la région, en second stade, souligne le représentant de l’association à Ouargla. La poudre de caroube peut être utilisée comme aliment, une excellente alternative à la poudre de cacao, aussi dans la confection du couscous ou dans la phytothérapie au vu de ses bienfaits innombrables, a révélé ce dernier.
Le caroubier est une plante très robuste et résistante à la chaleur, à la sécheresse, à la salinité et aux sols pauvres des zones désertiques et ne nécessite qu’un faible entretien, poursuit ce dernier en justifiant le choix de la plante.
Il est à noter que l’Algérie est l’un des plus grands importateurs de blé tendre avec une importation équivalente à plus de 8 000 tonnes succédant à l’Indonésie et l’Egypte, selon la Faostat (2017), il se trouve donc en dépendance effective à l’économie du pays. Selon les statistiques fournies par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production de caroube en Algérie est passée de 3 952 tonnes en 2000 à 4 043 en 2017.
Selon le Faostat (2019), la production mondiale totale de caroube est estimée à 136 539 tonnes. La plus grande production enregistrée, 41 909 tonnes, est celle du Portugal, contre une production de l’Algérie estimée à 4 042 tonnes, Maroc 21 983 tonnes, qui demeure le deuxième pays producteur mondial de caroube. n