Les prix du pétrole poursuivent leur hausse. Le Brent, variété de pétrole de la mer du Nord, était coté vendredi dernier en fin de journée à 34,770 contre 29,770 à l’ouverture du marché, soit un gain de cinq dollars. Les marchés avaient réagi aux tentatives américaines de pousser la Russie et l’Arabie Saoudite à réduire la production couronnées par les entretiens de Donald Trump avec le Président russe Vladimir Poutine et le Prince héritier Salmane. L’Arabie Saoudite avait alors annoncé son intention de réduire sa production de façon très importante jusqu’à 9 millions de barils/jour. Dans la foulée, la Russie s’est dite prête à ouvrir des discussions avec l’Arabie Saoudite dans le cadre de l’Opep+. Les évènements se sont donc accélérés ce jeudi et vendredi. Tout cela a été clôturé par l’annonce d’une réunion de l’Opep+, dont la date est prévue entre les
8 et 9 avril, pour limiter la production de ces pays membres de la coalition.
Des observateurs de la scène pétrolière internationale anticipent une réduction globale record entre 10 et 15 millions de barils/jour par la coalition Opep+. L’Agence internationale de l’énergie a averti qu’une baisse de production de 10 millions de barils/jour ne sera pas suffisante à faire remonter les cours du pétrole, la baisse de la demande pétrolière mondiale, à cause des effets de la pandémie, étant estimée à 20 millions de barils/jour ce mois d’avril. Une incertitude pèse non seulement sur le volume de réduction mais aussi sur la participation des Etats-Unis à cet effort de réduction. Ce qui serait inédit dans l’histoire du pétrole. Le Président Donald Trump semble aller dans cette direction. Il a réuni vendredi les dirigeants des compagnies pétrolières américaines pour discuter de la situation. Il convient de signaler que les compagnies américaines sont privées. Elles ont été toujours réfractaires à un rapprochement avec l’Opep. Mais aujourd’hui, le niveau des prix du pétrole menace la survie de l’industrie pétrolière américaine. Les prix du pétrole léger américain WTI est passé lundi dernier sous la barre des 20 dollars. En ce sens, le Président Donald Trump avait déclaré qu’avec cette baisse des prix du pétrole, cette industrie allait être anéantie. Tout cela explique la pression américaine sur la Russie et l’Arabie Saoudite pour parvenir à une diminution importante de la production de l’Ope+. Ce qui semble sonner le glas de la guerre des prix déclenchée par l’Arabie Saoudite à la source d’une chute historique des prix du pétrole, lundi dernier, le Brent était tombé sous la barre des 23 dollars le baril, soit un seuil jamais atteint depuis 18 ans. Une coalition de circonstance pourrait se constituer Russie-Arabie Saoudite-Etats-Unis pour enrayer la chute des prix du brut. Ce qui constituerait une première, effet Coronavirus oblige. Mais, si aujourd’hui, le prix du baril est pour une bonne proportion plombée par les effets du Coronavirus, dans quelques mois, il le sera par les conséquences de la récession mondiale dont on ne sait quelle sera la durée. Toutes ces bonnes et mauvaises nouvelles auront indéniablement un impact sur l’économie nationale où un prix optimiste de 40 dollars en 2020 ne sera pas suffisant à redresser la situation financière très délicate, d’où l’urgence de lancer rapidement le chantier de la diversification de l’économie sur le terrain, une fois la pandémie vaincue. En attendant, c’est l’efficacité des mesures de réduction des dépenses qui seront au cœur des préoccupations, en dehors du combat quotidien et prioritaire contre le Coronavirus.