Le déficit de la balance commerciale de l’Algérie semble se résorber progressivement dans le sillage de la bonne rentabilité du baril de Brent.

Par Hakim Ould Mohamed
En effet, la reprise des cours pétroliers mondiaux, amorcée depuis le début de l’année, s’est poursuivie malgré les inquiétudes sur la hausse des contaminations au variant Delta à travers le monde.
C’est ce qui ressort, en fait, du communiqué diffusé hier par le ministère des Finances, qui lève une partie du voile sur une tendance à l’amélioration des comptes publics. Le département de Benabderrahmane souligne une baisse considérable de 87,89% du déficit de la balance commerciale durant les 8 premiers mois de l’année 2021. Le déficit, qui avait culminé à des niveaux problématiques, ces dernières années, sous l’effet de la chute des cours du brut, est passé à -926 millions dollars à fin août 2021 contre un déficit de -7,6 milliards de dollars à fin août 2020. Non seulement le rebond des prix du pétrole est un facteur déterminant dans la résorption du déficit de la balance commerciale, mais le fait notable de cette année est que le pays a réussi à faire progresser nettement ses exportations hors hydrocarbures et cette nouvelle donne a participé un tant soit peu à l’amélioration des indicateurs financiers. Le ministère des Finances explique à juste titre que la contraction observée sur la courbe de la balance commerciale, à l’issue des huit premiers mois de l’année, est due à la forte augmentation des exportations globales des marchandises qui passent de 15,1 milliards de dollars à fin août 2020 à 23,7 milliards de dollars, à fin août 2021, dont 2,9 milliards de dollars d’exportation hors hydrocarbures. De quoi renforcer le taux de couverture des importations, lequel a nettement chuté ces dernières années dans le sillage de la baisse des prix du pétrole et du creusement du déficit de la balance commerciale.
Le ministère des Finances a indiqué dans sa note de conjoncture que le taux de couverture des importations par les exportations s’est nettement amélioré, atteignant 96,24% à fin août 2021, contre 66,6% à fin août 2020. Selon le ministère des Finances, «la mise en œuvre des orientations de Monsieur le Président de la République, dans le cadre de la politique du commerce extérieur, a permis durant cette année l’atténuation du déficit de la balance commerciale, notamment par l’augmentation de la valeur des exportations hors hydrocarbures et l’encadrement des importations». Dans ce contexte, le ministère des Finances a relevé «une amélioration notable des agrégats du commerce extérieur au cours des huit premiers mois de l’année 2021 comparativement à la même période de l’année 2020». Plus globalement, cette baisse du déficit de la balance commerciale aidera à coup sûr à résorber le déficit de la balance des paiements qui avait atteint l’année dernière près de 20 milliards de dollars, entraînant une nouvelle baisse des réserves de change de l’Algérie, dont le solde était d’environ 44 milliards de dollars à fin avril dernier.
Ce n’est un secret pour personne, le creusement du déficit commercial, et plus globalement celui de la balance des paiements, est à l’origine directe de l’érosion du stock en devises de l’Algérie placé dans les banques souveraines occidentales. Même si les réserves de change ont encore chuté à l’issue des quatre premiers mois de l’année, une plus-value de 0,25%, correspondant à environ 100 000 dollars, a été enregistrée en avril dernier, due essentiellement à la hausse des prix du pétrole qui a marqué cette année, grimpant de 15 dollars en avril par rapport aux cours du début de l’année. La hausse des prix du pétrole, qui se poursuit, et la volonté de l’Opep de défendre une fourchette de 65 et 75 dollars le baril devraient aider à améliorer les comptes extérieurs et à ralentir la fonte des réserves de change. A la condition que le gouvernement parvienne à maîtriser la dépense globale brute de l’ensemble des agents économiques. <