En Algérie, l’An 1 du Covid-19 est marqué par une explosion des cas de contamination avec, pour la première fois, la barre des 1 000 cas quotidiens franchie et un record du nombre de décès avec 18 par jour.

Le 17 novembre 2020, le monde entier célèbre un triste anniversaire. En effet, cela fait exactement un an que le premier cas de coronavirus est apparu.
«Le patient 1» est un homme de 55 ans, habitant la région du Hubei, à Wuhan, en Chine. Le mois suivant, un foyer de contagion dans la région de Wuhan est détecté. Il a fallu attendre le début du mois de mars pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme d’une pandémie du virus qui sera baptisée Covid-19. Ainsi, entretemps, le virus aura eu le temps de voyager dans le monde entier, engendrant une épidémie mondiale d’un nouveau coronavirus qui changera brutalement la face du monde avec de lourds impacts sanitaires, sociaux et économiques.
En Algérie, cet anniversaire est marqué par une explosion des cas de contamination avec, pour la première fois, la barre des 1 000 cas quotidiens franchie et un record du nombre de décès avec 18 par jour.
Aujourd’hui, selon le constat de nombreux spécialistes, le virus est de plus en plus virulent et de plus en plus mortel. Les différents syndicats de la santé affirment que le nombre de contaminés par le coronavirus est nettement plus important en raison du manque de moyens de dépistage. Une réalité qui se traduit actuellement par la saturation des capacités d’accueil des structures hospitalières dont la gravité est également illustrée par la saturation de la plupart des services de réanimation d’une dizaine de wilayas, fortement touchées, qui affichent un remplissage à 100%. Un médecin nous confie : «Nous sommes arrivés au stade où on attend qu’un patient décède pour qu’il libère la place à un autre patient qui a besoin d’être intubé.» En effet, des cas de plus en plus graves qui nécessitent des soins intensifs et des mises sous oxygène auront marqué cette deuxième vague, avec comme conséquence la flambée des prix des concentrateurs d’oxygène pour les malades traités à domicile.
Un an après, les professionnels de la santé payent aussi un lourd tribut dans cette lutte contre le coronavirus avec près de 10 000 contaminations. Le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique affirme à ce sujet : «Les professionnels de la santé sont les victimes collatérales de la situation actuelle.» Assurant que «le nombre des contaminations parmi leurs rangs se situe autour de 10 000. «Il y a un mois, nous avions recensé entre 8 000 et 8 500 cas d’infections dans les secteurs public et privé. Aujourd’hui, nous en sommes facilement à quelque 10 000 cas, parmi lesquels 136 décès dont 116 dans le corps des praticiens médicaux.»
Pour rappel, le premier cas détecté en Algérie a été officiellement annoncé, le 25 février 2020, par le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid. Il s’agissait d’un Italien salarié d’ENI, originaire de Lombardie, l’une des zones les plus touchées en Italie, arrivé le 18 février sur la base Menzel Ledjmet-Est dans la wilaya d’Ouargla. L’homme a été isolé pendant quatre jours dans la base de vie avant d’être rapatrié en Italie par un vol spécial et les travailleurs ont eux aussi été confinés. Le 1er mars, deux nouveaux cas de Covid-19 confirmés, une femme de 53 ans et sa fille de 24 ans dans la wilaya de Blida, a annoncé le ministère de la Santé. Les deux patientes seront hospitalisées à l’EPH de Boufarik au service des maladies infectieuses qui, à ce jour, a traité plus de 3 000 malades hospitalisés et des milliers d’autres en ambulatoire.
La wilaya de Blida sera ainsi le premier important foyer de contaminations qui mènera inévitablement au bouclage total de la wilaya afin de briser la chaîne de transmission. Le mois de mars marque aussi le confinement drastique au niveau national, avec la fermeture des écoles, des commerces, la moitié des travailleurs invités à rester chez eux ralentissant toute une nation afin de freiner la progression mortelle du virus. Une action qui avait donné des résultats sur le plan sanitaire mais dont le prix a été chèrement payé plongeant la majorité des Algériens dans une grande précarité.
Avec la nécessité sociale et économique du déconfinement, malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation pour le respect des gestes barrières et les sorties médiatiques des professionnels de la santé pour alerter sur la dangerosité du virus, la majorité des Algériens prennent à la légère ces gestes barrières et des rassemblements familiaux ou politiques sont organisés sans aucune protection ni respect des mesures de prévention.
Un an après le premier cas, la deuxième vague déferle sur le monde, en général, et en Algérie, en particulier, dans une ambiance anxiogène de par sa virulence avec, au compteur, le 18 novembre, 1 038 nouveaux cas et au total 70 629 personnes atteintes de la Covid-19. n