Il y a un an, Abdelmadjid Tebboune, élu président de la République, prêtait serment pour un premier mandat à la tête de l’Etat. C’est une année ponctuée par la crise sanitaire, qui a mis à genoux de nombreux secteurs d’activités, alors que la crise économique, qui ne datait pas de 2020, s’est aggravée tout comme la crise financière, née de la chute des prix du pétrole amorcée depuis la mi-2014 et qui s’est accentuée depuis le début de l’année en cours.

Le choc pandémique et le ralentissement de l’économie, à l’heure où les disponibilités financières se réduisaient comme peau de chagrin sous l’effet de la rechute des cours du brut, ont contrarié les promesses du Président qui voulait réformer et diversifier l’économie. La crise sanitaire a fragilisé de nombreux secteurs d’activité, ce qui a réorienté l’action de réforme et de diversification vers celle de soutien à une économie convalescente et en récession.
Finie la panne politique de 2019, et qui s’était traduite par un recul net de l’activité économique, 2020 a été entamée par le Président vainqueur de la dernière élection par un impact pour le moins violent de la pandémie de coronavirus sur l’économie. L’Office national des statistiques (ONS) faisait état d’une récession de -3,9% au 1er trimestre de l’année, alors que les institutions de Bretton Woods, le FMI et la Banque mondiale, anticipaient, en revanche, une récession plus grave à la fin de l’exercice actuel. Le secteur des hydrocarbures sombrait, lui, dans les contreperformances, même après l’adoption, fin 2019, de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui demeure inopérante faute de la publication de ses textes d’application. L’année 2020 a été entamée aussi avec, comme contexte extérieur, la rechute des prix du pétrole, dont le cours du Brent, pétrole de référence pour le Sahara Blend algérien, avait chuté jusqu’à 16 dollars à la mi-avril. La reprise dès le début de cette année du mouvement baissier des cours du brut a fait ressurgir les vieux démons et amputé le budget de 40% de ses recettes, ce qui a complexifié davantage l’équation budgétaire à laquelle était confronté le gouvernement. Cette baisse des recettes, qui s’était traduite par un recul des dépôts en banque du secteur des hydrocarbures, tout comme ceux des autres secteurs non hydrocarbures, des suites du ralentissement économique, a replongé les banques dans un état de rétrécissement des liquidités, alors que le pays ne disposait plus d’aucun parechoc financier en interne et le gouvernement martelait sa volonté de ne plus recourir à la planche à billets. Ainsi, en deux mots, cette première année passée à la tête de l’Etat était celle d’une lutte à la fois contre les conséquences du choc pandémique sur l’économie, mais aussi contre l’impact de la rechute des cours du brut sur les positions financières internes et externes du pays. Ce double impact a fait grimper d’un cran les déficits budgétaire et courant que le gouvernement entend couvrir par les leviers de la politique monétaire pour le premier, tandis que pour le deuxième, à savoir le déficit de la balance des paiements, une stratégie de rationalisation des importations et de la dépense brute des agents économiques était mise en place. Ces deux politiques devraient permettre de libérer la liquidité nécessaire au financement de l’économie et de la croissance, mais aussi, au plan des comptes extérieurs, de préserver les réserves de change à travers la réduction des importations et de la dépense publique. La machine de réforme et de diversification de l’économie, inscrites au crayon-feutre dans l’agenda du Président, était ainsi grippée sous l’effet du choc pandémique qui a secoué le pays. Ses lourdes conséquences, dont le recul de la croissance économique induit par la chute des cours de pétrole dans les marchés mondiaux à des niveaux alarmants outre les mesures de fermeture, a entraîné un recul des recettes de l’Etat ce qui constitue des charges supplémentaires pour le gouvernement qui a déjà hérité un amas de dysfonctionnements.