Une Agence algérienne de coopération internationale verra bientôt le jour. Elle aura une « vocation africaine », a déclaré le chef de l’Etat à Addis-Abeba à l’annonce de la création cette structure destinée à renforcer la coopération de l’Algérie avec les pays voisins, notamment les pays du Sahel. « J’ai décidé la création d’une Agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (ALDEC) à vocation africaine », a déclaré le Président Abdelmadjid Tebboune lors de l’ouverture du sommet de l’Union africaine (UA). L’institution, a-t-il indiqué, aura pour mission « la concrétisation sur le terrain de notre volonté de renforcer l’aide, l’assistance et la solidarité avec les pays voisins, notamment les pays frères au Sahel ». « Tous les domaines de coopération seront couverts par cette agence qui sera dotée de tous les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions à travers la réalisation de projet concrets et utiles », affirmé le chef de l’Etat qui s’est engagé à suivre «personnellement» les programmes de cette nouvelle agence et à s’efforcer de « placer à sa tête une personnalité ayant les compétences et le savoir-faire requis pour la réalisation de notre aspiration à une solidarité fraternelle». Pour le président Tebboune, la création de cette agence s’inscrit dans le cadre de sa volonté «d’imprimer une nouvelle dynamique à la coopération internationale de l’Algérie, notamment en direction des pays frères en Afrique et au Sahel ». On présume que cette agence aura en tant qu’établissement public à mettre en œuvre la politique de l’Algérie en matière de développement et de solidarité internationale, spécialement africaine. Si on présage également qu’elle aura à intervenir sur les questions et les projets liés au développement socio-économique, à la paix, à l’éducation et autres, on peut considérer également que ce sera, pour l’Algérie, un outil destiné à concrétiser un des segments de sa politique étrangère en Afrique et dans la bande sahélo-saharienne. C’est-à-dire à privilégier avant le sécuritaire qui peut engendrer des dynamiques incontrôlables le développement et le co-développement dans les politiques de prévention et de lutte les formes d’extrémisme, de radicalisme et de violence qui sont apparues depuis plus de deux décennies dans les pays voisins, des fléaux qui ont le plus souvent pour source la précarité et le dénuement économique quand ce ne sont pas les aléas climatiques qui les aggravent et poussent par exemple à la migration de populations entières vers des contrées plus clémentes.
Quel statut et quel financement ?
Ce dont on ne peut cependant préjuger, c’est le statut de cette agence : sera-t-elle un établissement public totalement autonome comme il en existe dans le monde ? Ou sera-t-elle rattachée aux Affaires étrangères ou encore à la présidence de la République ? D’autant que M. Tebboune s’engage à suivre « personnellement » son action future sur le terrain. Autre interrogation de fond, celle du financement de l’agence et des projets de coopération qu’elle aura à créer et à réaliser avec les pays qui en seront destinataires. «L’Algérie ne saurait ignorer les pays frères et voisins, encore moins le continent africain dont elle est partie intégrante et le prolongement naturel », a souligné pour l’heure le Président de la République pour qui l’africanité de l’Algérie a été « quelque peu occultée, ces dernières années, parce que focalisés sur nos affaires intérieures ». « Nous sommes aujourd’hui résolus à y revenir, rapidement et fortement, dans le cadre renouvelé de l’Union africaine et au niveau des relations bilatérales », a insisté le chef de l’Etat. M. Tebboune a réitéré, à l’occasion, la disponibilité de l’Algérie à « contribuer au renforcement de l’intégration régionale et aux efforts permettant à notre continent de prendre en charge lui-même ses problèmes et d’en finir avec sa marginalisation dans les relations internationales et l’économie mondiale pour prendre son destin en main et s’approprier son processus de développement dans toutes ses dimensions». Il a rappelé, dans ce contexte, «l’intérêt suprême accordé par l’Algérie aux projets structurants», citant, à ce propos, la Route transsaharienne, la Dorsale transsaharienne à fibre optique et le Gazoduc Nigeria-Algérie.n