Le blé avarié importé de Lituanie contient des résidus de pesticides, a indiqué hier le Directeur général du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes au ministère du Commerce, Mohamed Louaïhia. Précisant que c’est «une partie et non la totalité du chargement» contrôlé qui contenait ces matières dangereuses pour la santé du consommateur, il a tenu à rassurer le consommateur algérien sur la qualité des produits importés, dont le blé qui, a-t-il souligné, passe par un contrôle «strict».
«Tous les chargements en provenance de l’étranger sont soumis systématiquement à un contrôle strict. Pour le blé tendre, nous avons effectué, depuis le 25 novembre dernier, des contrôles sur 31 chargements représentant plus de 847 000 tonnes de cette matière, et tous les résultats ont prouvé que ces quantités sont conformes aux normes sanitaires», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, et dans le cadre des mesures prises pour renforcer le contrôle de la qualité des produits importés et pour réprimer la fraude, le ministère du Commerce a décidé de mobiliser davantage les agents affectés aux frontières. Ces derniers «travaillent tous les jours de la semaine, y compris les jours fériés et à des heures tardives de la nuit», a ajouté le même responsable, soulignant qu’en guise de nouvelle mesure prise par son département, ces agents «ont de larges pouvoirs qui leur permettent de prélever des échantillons au niveau de la mer sans attendre l’arrivée du navire au port en coordination avec les autorités concernées.
Pour rappel, l’affaire du blé avarié avait éclaté le 10 novembre dernier, lorsque des contrôleurs de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) avait découvert, au port d’Alger, des graines colorées dans une partie des 30 000 tonnes de cette matière importée de Lituanie et fournie par un opérateur suisse. Une affaire qui a vite pris l’ampleur d’un scandale, menant, quelques jours après, au limogeage du Directeur général de l’OAIC Abderrahmane Bouchahda sur instruction du Premier ministre.
Le 13 décembre dernier, le ministre de l’Agriculture, Abdelhamid Hemdani, considérait qu’il s’agit «d’une opération commerciale entre deux parties régie par un cahier des charges». Mais, «il s’est avéré que certaines spécificités du cahier des charges n’ont pas été respectées», a-t-il précisé.
Mais depuis le retour de Abdelmadjid Tebboune de son long séjour médical en Allemagne, l’affaire est passée entre les mains de la justice. En effet, le président de la République ne semble pas convaincu que le tort dans cette affaire revient au seul Directeur général limogé et, lors du Conseil des ministres du 3 janvier, il a décidé d’instruire l’ouverture d’une enquête à ce sujet. Il a également chargé le ministre des Finances de procéder à un audit au sein de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).