Le torchon brûle à nouveau entre le ministère de la Santé et les auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation qui ont mis à exécution, depuis hier, leur appel à un débrayage étalé sur trois jours. Les représentants de cette catégorie disent accorder à la tutelle un ultimatum de 15 jours avant d’opter pour une «grève ouverte» dont l’impact sera lourd en ces temps d’urgence sanitaire.
S’agissant de l’adhésion au mot d’ordre de grève, le syndicat des auxiliaires médicaux fait une évaluation «satisfaisante» estimée à 80% sur le territoire national, indique Mohamed Amine Bendali, président du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation de santé publique (Snammarsp). «Ce mouvement de grève a connu une large adhésion au mot d’ordre par les auxiliaires médicaux qui n’ont assuré que le service minimum et les cas d’urgence», fait-il savoir. En dépit de sa «mobilisation et détermination» à faire réussir ce mouvement de grève, ce syndicaliste n’est, en revanche, pas aussi sûr que cette action se poursuivra aujourd’hui et demain en raison des «intimidations de la tutelle», indique-t-on. Mohamed Amine Bendali déclare avoir été contacté par le ministère de tutelle dans la matinée d’hier pour lui signifier que le mouvement de grève en cours était «illégal» et qu’ils encourent le risque d’être poursuivis en justice. «La tutelle a menacé clairement d’ester les protestataires en justice sous prétexte de l’illégalité de notre mouvement de grève», a-t-il affirmé. Notre interlocuteur, qui conteste la démarche de la tutelle, rappelle que le syndicat a déposé un préavis de grève en bonne et due forme avant d’entamer ce débrayage.
«Cette grève devrait se poursuivre sauf si une décision de justice déclarant ce mouvement de grève illégal nous parvient», tempère-t-il. Dans ce cas-là, «nous allons automatiquement suspendre notre mouvement de grève par confiance et respect aux institutions juridiques du pays», ajoute M. Bendali.
La situation va vers le pourrissement et ce mouvement de grève s’inscrit dans la durée vu qu’aucun signe de dénouement ne se profile à l’horizon, dit encore M. Bendali. Pour preuve, cette corporation de 7 000 auxiliaires médicaux accorde toutefois un ultimatum de 15 jours à la tutelle pour répondre par la positive à leur plateforme de revendications, avant d’aller vers une grève «illimitée». Le syndicat considère que l’option de passer à une grève illimitée est inéluctable, pour n’avoir enregistré aucune évolution positive concernant les revendications socioprofessionnelles formulées. «Si la tutelle ne prend pas en charge nos doléances et continue de faire la sourde oreille, nous allons vers une grève ouverte dans 15 jours», met en garde M. Bendali. Ce dernier n’omet pas de rappeler que leur corporation attend depuis une dizaine d’années que la tutelle règle leurs problèmes socioprofessionnels, en vain. «Nous sommes las des promesses ressassées», clame le président du Snamaarsp.
Déplorant l’échec de toutes les tentatives de négociations, les auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation (Amar) menacent d’une grève illimitée, exigeant du ministère de prendre des décisions qui permettraient d’éviter le chaos et la confusion dans les structures de santé publique. «Hier, toutes les opérations programmées ont été reportées, tandis que
le service minimum a été assuré», précise notre interlocuteur. Il y a lieu de rappeler que
ces derniers ont bénéficié d’une dérogation spéciale du Premier ministère destinée à la promotion de plus de 54 000 professionnels de la santé.
Le Snamaarsp réclame la promulgation d’un statut particulier 11-235. Il exige également d’établir une nomenclature des actes pour définir «clairement» les tâches et rôles que cette corporation a à accomplir. Deux revendications qui sont censées conférer une couverture juridique à ces professionnels de santé. Le syndicat réclame, par ailleurs, l’installation d’un Conseil de l’ordre des anesthésistes et l’ouverture d’un institut national académique de l’auxiliaire médical en anesthésie-réanimation de santé publique avec une formation en externe (bac+5), ainsi que la revalorisation du diplôme de tous les auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation. <