La colère gronde encore chez les imams. C’est du moins ce que l’on est tenté de penser à la lecture du communiqué, rendu public hier, de la Coordination nationale des imams, qui annonce un sit-in mercredi prochain. La Coordination des imams l’a prévu dans deux endroits différents, au niveau du siège de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et devant celui du ministère des Affaires religieuses et des Wakfs. «Nous annonçons la tenue d’un sit-in national de la corporation des imams mercredi prochain, compte tenu de la situation délétère des conditions socio-économiques de notre secteur marquées par la hogra, la marginalisation ainsi que des dépassements », lit-on dans le communiqué, portant paraphe du coordinateur de la Corporation des imams, Djelloul Adjimi. Le communiqué, qui ne précise pas, par ailleurs, de quels dépassements il s’agit ni quel est l’objet de la hogra dont il est question, se contente d’appeler l’ensemble des imams à répondre favorablement à l’appel au sit-in de contestation. Ce n’est pas la première fois que la Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des Affaires religieuses conteste et dénonce la situation socioprofessionnelle des imams. Le secrétaire général de la Coordination, Djelloul Hadjimi a, à maintes occasions, appelé le ministère des Affaires religieuses à l’ouverture d’un dialogue « réel et sérieux » pour trouver des solutions aux problèmes posés. Parmi les revendications soulevées par ce syndicat, figure essentiellement la question de la révision des statuts et de la règlementation relative à la Coordination à travers les wilayas, la dépénalisation de l’imam, l’ouverture d’une formation continue dans les universités, le logement de fonction, un véhicule de service et plus de sécurité et l’application du principe d’égalité des chances. A ce propos, Djelloul Hajdimi assure que les revendications des imams ne se limitent pas à la question salariale. Il s’agit de revendications « plus larges et plus globales directement liées au cadre de travail de l’imam et aux moyens matériels mobilisés pour lui permettre de réussir sa mission ». L’ex-ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, avait refusé, dans le passé, de répondre aux doléances du syndicat. Et pour cause, il avait justifié son refus d’accéder à la demande d’augmentation des salaires par le statut de l’imam relevant du régime de la Fonction publique. Le salaire de l’imam est en moyenne de 40 000 DA. Il perçoit, en plus, des primes pouvant aller jusqu’à 60% de son salaire. Hadjimi revient aujourd’hui à la charge pour remettre sur la table les exigences des imams. Intervenant dans une situation politique inédite, caractérisée par un mouvement de rue sans précédent, déclenché le 22 février dernier, le sit-in annoncé des imams réussira-t-il à arracher des acquis ?