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Le rendez-vous de l’élection présidentielle 2019 avance à grandes enjambées et il ne reste plus que 48 heures du jour J, source de tension et d’inquiétudes.
Et plus le moment du scrutin avance plus la tension monte avec deux thèses qui s’affrontent.
Celle du rejet de l’échéance présidentielle dans les conditions actuelles, incarnée par le mouvement populaire et les courants politiques qui y adhèrent, et celle des partisans de l’option présidentielle, représentée notamment par le général du corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah.
Ce dernier a réitéré, encore hier, le caractère «décisif» de ce rendez-vous électoral au moment où des acteurs politiques multiplient les appels pour le «boycott» du scrutin. Indice que la divergence n’est pas que d’ordre théorique, les deux options s’affrontent plus que jamais sur le terrain particulièrement à travers les manifestations de rejet de l’élection présidentielle qui tendent à connaître une cadence accrue.
Ce rejet prend vraisemblablement, à l’approche de la date du scrutin, une forme très visible à travers l’appel à une grève générale de quatre jours en signe de refus de l’échéance présidentielle bien que l’appel peine encore à susciter l’adhésion unanime souhaitée par ses promoteurs.
Pour l’heure, les forts taux d’adhésion à cette grève générale sont relevés en Kabylie alors que dans l’ensemble du territoire, le mot d’ordre de grève est faiblement suivi. Ce qui est, cependant, sûr, c’est que le déroulement de l’opération est accompagné par une multitude d’interrogations mais aussi d’inquiétudes au vu du climat qui a prévalu durant les 22 jours de la campagne électorale. Cette campagne a été, en effet, marquée par une vive tension aux quatre coins du pays où les cinq prétendants à la magistrature ont fait face à une hostilité manifeste des populations.
Signe aussi d’une ambiance «anormale» qui a caractérisé les trois semaines d’une campagne singulière à tous points de vue, la Kabylie a été… «boudée» par les candidats qui ont appréhendé la réaction contestataire des citoyens dans une région notoirement frondeuse à tout ce qui émanerait du pouvoir.
Cette campagne a dû justement enregistrer une journée plus que tumultueuse dans la wilaya de Bouira où la sortie publique du candidat Ali Benflis s’est déroulée dans une ambiance très tendue, jusqu’à susciter les craintes les plus légitimes quant à la tenue du scrutin. Dans certaines contrées, ce sont les bureaux de vote et autres sièges de daïra qui ont été carrément fermés par les contestataires du scrutin augurant ainsi un climat anxiogène pour le déroulement de l’opération de vote. La tension, déjà perceptible depuis le début de la campagne, a tendance à s’exacerber à chaque fois que l’une des deux options en présence s’exprime sur le terrain.
C’est le cas des manifestations de rejet du scrutin qui sont systématiquement accompagnées par des arrestations parmi les insurgés. Les autres manifestations, celles des gens favorables à la tenue de la présidentielle, même si elles ne drainaient pas des foules créaient elles aussi un climat de tension.
Ces craintes n’ont pas été dissipées si l’on se fie à l’ambiance tendue qui a marqué le début de l’opération de vote de la communauté nationale établie à l’étranger où la tension était aussi au rendez-vous devant les sièges des consulats d’Algérie. Qu’en sera-t-il le jour J ? Wait and See. n