L’Agriculture, un des secteurs-clés sur lesquels compte le gouvernement pour accélérer la diversification de l’économie nationale, vient de lever le voile sur sa stratégie à court et à moyen terme destinée à améliorer sa contribution au Produit intérieur brut ainsi qu’au renforcement de la sécurité alimentaire du pays.

C’est « dans le cadre des orientations de Monsieur le Président de la République et notamment les 54 engagements sur lesquels a été bâti le plan d’action gouvernemental, que le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, à travers son programme sectoriel, traduit leurs mises en œuvre à travers une feuille de route, assortie de données à même d’apprécier la situation actuelle et à venir, et particulièrement le bond qualitatif et/ou quantitatif réalisable à court terme, voire dans l’immédiat pour certaines actions », lit-on dans le projet de développement du secteur de l’agriculture à l’horizon 2024, dont Reporters détient une copie. Les huit axes de développement retenus dans le cadre du programme quinquennal 2020-2024 portent sur le développement de la production agricole, à travers l’extension des superficies irriguées, l’accroissement de la production et de la productivité, l’exploitation rationnelle du foncier agricole, le développement agricole et rural dans les zones de montagnes, la préservation, le développement et la valorisation du patrimoine forestier, le développement agricole et rural dans les zones steppiques et agropastorales, le développement et la valorisation dans les territoires sahariens et l’intégration de la connaissance et la numérisation dans les programmes de développement.
Ces axes, précise le ministère de l’Agriculture dans son document, sont associés à l’impératif de priorisation de certaines actions à effet immédiat. D’ailleurs, le projet en question se décline en trois phases, à savoir un programme prioritaire pour une réalisation à très court terme, un plan d’actions transversales et à caractère continu à moyen terme et un programme prioritaire, dont l’échéance fixée s’étale entre le 2e semestre 2020 et 2021. Celui-ci concerne essentiellement le développement de l’agriculture saharienne, à travers la valorisation du potentiel existant, l’extension des superficies à potentiel avéré, le développement des cultures industrielles dans le Sud (maïs, soja, betterave sucrière…) et la création et la mise en action effective de l’Office national de développement de l’agriculture industrielle en terres sahariennes. Il s’agit également de développer les zones de montagnes par des actions permettant l’amélioration des conditions de vie des populations et le renforcement des actions de désenclavement par l’ouverture et l’aménagement de pistes agricoles, la mobilisation de la ressource en eau, la plantation arboricole et la création de petites unités d’élevage, notamment à destination des jeunes. Il est question de développer aussi, à très court terme, les espèces rustiques, d’exploiter de manière rationnelle le foncier agricole, d’accroitre les superficies irriguées et promouvoir les systèmes économiseurs d’eau, de renforcer la base logistique pour la régulation et la valorisation des productions agricoles…
Le programme transversal, étalé sur la période 2020-2024, porte en revanche sur la modernisation de l’agriculture par le renforcement de la chaine des valeurs des filières végétales, animales, sylvicoles, pastorales et des produits de terroirs, le renforcement des capacités humaines et de l’assistance technique, le renforcement des systèmes phytosanitaires et des systèmes sanitaires vétérinaires, la préservation durable des ressources naturelles, le renforcement et l’adaptation continue du cadre législatif et réglementaire, ainsi que sur l’amélioration de l’accessibilité aux financements et de la gestion des Fonds publics. Les programmes, l’un dans l’autre, ont la même finalité ; celle de faire croitre le niveau de contribution de l’Agriculture au PIB, estimé en 2018 à 12,4% et à 16,2% en valeur ajoutée hors hydrocarbures. La valeur de la production du secteur est passée de 3 059,9 milliards DA (27,6 milliards de dollars) en 2017 à 3 496,0 milliards DA (Plus de 29 Milliards de dollars) en 2019. Le secteur réalise une croissance annuelle de 4,02%, certes inférieure à celle qu’il avait connue dans les années précédentes, mais reste en bonne résilience face à la crise contrairement aux autres secteurs. Sa bonne résilience, alors que les autres secteurs étaient carrément mis à genoux par la baisse de la commande publique et la crise sanitaire, a fait que le gouvernement y voit désormais un des réacteurs qui devront propulser son projet de diversification de l’économie et son affranchissement de la rente pétrolière. Ce projet de développement du secteur devait être d’ailleurs examiné, hier, en Conseil des ministres, à l’instar d’autres projets de développement des autres domaines à haute valeur ajoutée pour l’économie. n