Par Bouzid Chalabi
Au vu de la raréfaction d’année en année des eaux conventionnelles, l’apport de stations de dessalement en eau de mer devient une solution qui s’impose. Et c’est grâce à cette option que le pays peut assurer sa suffisance en eau potable.
C’est une vérité absolue que d’aucun ne saurait mettre en doute, l’Algérie est largement touchée par le stress hydrique, soit en dessous du seuil théorique de rareté, fixé par la Banque mondiale à 1 000 m3/habitant/an. Par conséquent, le pays est appelé à trouver des solutions probantes et surtout rapides à mettre en exécution. Dans cette logique, la solution qui si prête sans autre alternative réside dans le dessalement de l’eau de mer. Une avancée dans ce sens vient d’être enregistrée. Elle consiste, en effet, à doter chacune des 14 wilayas côtières du pays d’usines de dessalement d’eau de mer (SDEM) de moyennes et grandes capacités de production.
Un projet d’une importance vitale quand on sait que près de 95% de la population algérienne vit sur une frange de 300 km à partir de la côte. Sa mise en exécution sur le terrain ne saurait tarder dans le sens où le gouvernement l’a inscrite dans le cadre d’un programme d’urgence, comme l’a souligné le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab, en marge de la cérémonie de signature des lettres d’engagement entre deux filiales de Sonatrach (AEC et GCB) avec la société Cosider Canalisation, pour la réalisation de trois SDEM à l’Est d’Alger d’une capacité globale de 150 000 m3/j. Le ministre a, par ailleurs, annoncé à la même occasion qu’un nouveau plan d’urgence est « en préparation » sur instruction du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
A ce propos, Arkab a indiqué que ce plan prévoit dans sa première phase la réalisation d’une SDEM d’une capacité de 250 000 m3/j dans la capitale (Alger-Ouest), une autre à Cap Djinet (400 000 m3/j) et une troisième à El Tarf (250 000 m3/j). Ajoutant : « D’autres projets sont en phase d’étude et concernent les wilayas d’Oran, Mostaganem, Jijel, Skikda, Béjaïa et Tizi Ouzou ». Toujours dans le cadre de ce plan, le ministre a affirmé que « l’objectif escompté à travers ces réalisations de SDEM dans chacune des wilayas côtières est de renforcer l’alimentation en eau potable (AEP) des populations de ces régions et ainsi pallier la raréfaction des eaux superficielles induites par les changements climatiques ». Evoquant les trois projets lancés, ce jeudi, à savoir une SDEM à Bordj El Kiffan, une à El Marsa (Alger-Est) et une autre à Corso (Boumerdès), le ministre a insisté sur les compétences des filiales de Sonatrach en charge leur réalisation, soulignant « leur expérience avérée dans ce genre de projets ». Il a par, ailleurs, souligné la « coordination totale » avec le ministère des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, ainsi qu’avec les wilayas d’Alger et de Boumerdès, notamment pour la mise à disposition « rapide » d’assiettes foncières devant les accueillir, permettant « d’entamer les travaux de réalisation au cours de la première semaine du mois d’août ».
Pour sa part, le ministre des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique, Karim Hasni, a indiqué que la mise en service de ces trois SDEM permettra « de réduire de 72% le recours aux eaux superficielles dans la capitale ». Ce dernier a, par ailleurs, annoncé, la réalisation, à moyen terme, de deux grandes SDEM, une à Alger-Est et l’autre à Alger-Ouest, d’une capacité de 300 000 m3/j chacune, qui permettra, a-t-il expliqué, « de couvrir à 130% les besoins, assurés actuellement par les eaux superficielles ». Comme il a en outre informé que les nouvelles SDEM citées ci-dessus permettront d’alimenter les régions situées à 150 km du littoral, vers l’intérieur du pays, afin d’en faire bénéficier les wilayas des Hauts-Plateaux ». Pour sa part, le wali d’Alger, Youcef Chorfa, a indiqué que les 150 000 m3/j supplémentaires seront assurés par les futures stations de Bordj El Kiffan, El Marsa et Corso additionnés aux 280 000 m3/j issus des 222 (102 + 120) nouveaux forages réalisés respectivement par le ministère des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique et par la wilaya d’Alger (avec l’assistance de Sonatrach et Cosider). Ils seront livrés en totalité au plus tard le 15 septembre et permettront une production moyenne de 1 million m3/j au début de la saison estivale 2022. Notons enfin la mise en service aujourd’hui dimanche 1er août 2021 de la station de Palm Beach. Une infrastructure qui, selon le Wali d’Alger, va permettre de renforcer les capacités d’approvisionnement en eau potable à la capitale. Il y a lieu de savoir que cette station a fait l’objet d’une extension en la dotant d’une nouvelle capacité de 5 000 m3/jour pour une capacité initiale de 2 500 m3/jour.
En somme, la tension sur l’eau dans la capitale va progressivement diminuer dans les prochaines semaines. Ce qui est de bon augure après plusieurs semaines d’un régime drastique de distribution auquel ont dû faire face les populations du Grand-Alger. n