Le gel des domiciliations bancaires des importations des véhicules par les entreprises pour leur propre compte est certes temporaire mais il est à verser dans la corbeille de mesures prises par le gouvernement de limiter au maximum l’achat de véhicules neufs à l’étranger.

C’est peut-être un petit coup de pouce aux concessionnaires qui sont désormais les seuls opérateurs à importer du véhicule neuf en grande quantité. Mais c’est aussi un verrou placé par l’Exécutif en attendant la mise en place d’un nouveau mécanisme d’encadrement de ce genre d’importation, a indiqué hier la Banque d’Algérie. Les entreprises qui importaient des véhicules pour équiper leurs parcs devront provisoirement s’approvisionner soit des concessionnaires automobiles ou auprès des usines en production locale, dont notamment Renault, dont la disponibilité est rare. Sur le plan fiscal, ce gel fera perdre de l’argent au Trésor public et aux douanes. L’autre conséquence attendue, psychologique celle-là, est l’impact négatif redoublé sur les prix des véhicules dans un marché du neuf et d’occasion désorganisé. Certes, les achats à l’étranger par les entreprises de véhicules neufs ne sont pas de nature à peser sur la taille du marché – du moins on le suppose car on ne sait pas qui achète quoi et en quelle quantité – mais toute information relative à une nouvelle réduction des importations dans ce secteur affecte directement les prix de l’occasion… En raison de la dévaluation du dinar seulement, les prix des véhicules neufs devraient augmenter entre 15 et 20%. Par ailleurs, le secteur des assurances ; déjà fragilisé, ressentira également la chute des importations. Le gel temporaire des importations de véhicules par les entreprises ne surprend pas. Il s’inscrit dans le cadre d’une série de mesures menées crescendo par le département du commerce et de l’industrie et des mines. Une note du département de Abdeslam Bouchouareb, datée du 19 janvier dernier, a suspendu les importations de véhicules neufs en lots, par des personnes physiques ou morales. Dans le document, le ministère demande aux Directeurs de l’industrie et des mines d’y « sursoir », « en attendant la mise en œuvre d’une nouvelle procédure pour l’importation des véhicules neufs en lots ».
Le 26 janvier dernier, le ministère de l’Industrie et des Mines a envoyé une autre note aux banques via l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF) pour autoriser les importations des voitures neuves par les particuliers. Donc, pour l’annulation de l’instruction envoyée le 19 janvier par le département de Bouchouareb qui interdisait les comptes-propres d’importer des voitures neuves en bénéficiant des Lettres de crédits (LC) au niveau des banques. Une procédure faussée car les banques et les établissements financiers ne sont pas sous tutelle de l’ABEF mais sous celle de la Banque d’Algérie. Pour 2017, le quota des importations de véhicules neufs est fixé à 50 000 unités, avec 15 000 unités/an pour chaque concessionnaire, à 25 000 unités en 2016 alors que ces importations avaient atteint 300 000 unités en 2015 contre 439 637 unités en 2014, selon les chiffres officiels. Le gouvernement table sur le montage local de 500 000 unités d’ici 2020. La facture d’importation de véhicules a chuté de 75% pour une valeur économisée de 2,5 milliards de dollars.