Un acte ignoble a ciblé hier matin, la statue de la femme nue érigée à la fontaine d’Aïn El Fouara au centre-ville de Sétif. Un homme portant une barbe et un kamiss blanc a tenté de détruire ce monument historique de la capitale des Hauts-Plateaux datant de 1898. À l’aide d’un marteau, il a donné plusieurs coups à la statue dans le but de la détruire complètement, les dommages sur cette sculpture d’art, qui a toujours fait partie du décor de la ville, sont visibles.

Avant son arrestation par des policiers assistés par des citoyens, l’homme en question a réussi à défigurer le visage et la poitrine de la statue, indiquent des sources locales. Celles-ci précisent que les services de sécurité ont eu du mal à arrêter cet homme en raison de son agressivité. Il s’est attaqué à l’aide du marteau aux policiers qui tentaient de le mobiliser. Fort heureusement, aucune personne n’a été touchée. Transféré au commissariat de police, l’auteur de cet acte sera présenté au procureur de la République qui décidera de son sort en attendant la finalisation de l’enquête. Informé de l’incident qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux, le wali de la wilaya de Sétif M. Nacer Maaskri s’est rendu rapidement sur place pour constater l’ampleur des dégâts. Il a été accompagné par une forte délégation composée de responsables sécuritaires locaux et des différents directeurs exécutifs de wilaya. Sur les lieux, le wali a eu des explications détaillées sur ce qui s’est passé le matin. D’après nos sources, un dispositif sécuritaire spécial a été déployé à Ain El Fouara pour éviter toute éventualité. Bouleversés par la nouvelle, des citoyens de la ville ont organisé un rassemblement sur le lieu de l’incident pour exprimer leur indignation et leur colère contre l’auteur de cet acte de destruction d’un symbole identitaire. Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, des habitants de la ville qualifient cet de « criminel » et d’« atteinte » à la tranquillité de leur ville.
Pour rappel, c’est le troisième acte de sabotage que subit cette statue en l’espace de 20 ans. La première date d’avril 1997, où on a tenté de la détruire à l’aide d’une bombe artisanale. La seconde date de 28 février 2006, c’était un jeune qui avait essayé à l’aide d’un marteau de la détruire.
Des appels ont été lancés sur les réseaux sociaux aux pouvoirs publics pour qu’ils prennent les dispositions nécéssaires pour protéger ce monument des tentatives répétées de destruction qui nous rappellent la destruction en 2001, par les Talibans, de toutes les statues d’Afghanistan dont celles de Bouddhas de Bâmiyân. n