L’Algérie a atteint l’autosuffisance en matière de production d’électricité, et les responsables du secteur s’appliquent à le rappeler régulièrement, mettant en exergue les investissements colossaux consentis par l’Etat au profit de cette ressource énergétique et les différentes centrales électriques réalisées à travers le pays dans le cadre d’un programme visant à satisfaire la demande nationale dans sa globalité et là où elle se manifeste.

Cette autosuffisance ouvre la voie à une stratégie basée sur l’exportation de certaines quantités en direction de pays voisins, comme la Tunisie ou la Libye. Laquelle stratégie pourrait profiter d’un système électrique maghrébin interconnecté et tout indiquée pour renforcer davantage la coopération entre les trois pays.
Il reste toutefois que, quelle que soit sa destination, la production de l’électricité continue à coûter cher à l’Etat, notamment dans les régions du Sud où le prix de revient de cette énergie vaut le double de son prix au nord du pays. Ce qui impose une nouvelle approche au niveau du secteur qui permettrait à des sources alternatives, moins coûteuses et renouvelables, de s’exprimer, d’autant que les énergies fossiles sont vouées à l’épuisement.
Et quoi de plus indiqué que l’énergie solaire pour un pays qui baigne dans cette énergie pour mieux développer sa production en électricité et satisfaire à moindre coût, et dans la durabilité, ses programmes en consommation intra-muros que ceux tracés dans le cadre de l’exportation.
L’Algérie est, en effet, l’un des plus importants gisements d’énergie solaire au monde avec une durée d’insolation de 2 000 à 3 900 heures par an, et une irradiation journalière de 3 000 à 6 000 Wh/M2, soit l’équivalent de 10 fois la consommation mondiale.
Certes, le solaire thermique fait partie de la stratégie mise en place par les pouvoirs dans le cadre de la diversification des ressources en énergie électrique. Mais cette stratégie gagnerait sans doute à rayonner sur le terrain de la concrétisation comme elle fait dans les discours.