L’année 2020 qui s’achève aura été incontestablement animée au niveau des juridictions qui ont eu à se pencher sur une multitude d’affaires.

Certaines devront vraisemblablement continuer à agiter la scène durant la nouvelle année, du moins pendant les premiers mois, dans la mesure où le mois de janvier s’annonce d’ores et déjà bouillonnant. Y compris au niveau du Tribunal militaire de Blida qui va ouvrir prochainement le dossier dans lequel sont impliqués d’anciens hauts gradé de l’ANP, Khaled Nezzar, Toufik Mediene dit Toufik, Bachir Tartag, la patronne du PT, Louisa Hanoune, et le frère conseiller de l’ex-Président, Saïd Bouteflika. Poursuivis pour «complot contre l’autorité de l’Etat et de l’armée», les accusés ont été condamnés en première instance et en appel à 15 années de réclusion criminelle.
Les accusations contre Louisa Hanoune ont été, cependant, requalifiées, abandonnant le grief de «complot», elle est poursuivie pour «non-dénonciation de crime», pour laquelle elle a été condamnée à 3 ans de réclusion dont neuf mois fermes, ce qui a entraîné sa sortie de prison au mois de février dernier.
Le traitement du dossier a connu par ailleurs une évolution quand la Cour suprême a accepté, mi-novembre, le pourvoi en cassation introduit par les prévenus. «Le dossier va revenir au Tribunal militaire de Blida qui désignera la composante des magistrats qui seront chargés de statuer à nouveau. En termes de temps, je pense que le dossier reviendra au maximum dans un mois au niveau du Tribunal militaire de Blida qui fixera l’audience dans les jours ou les semaines qui suivent», avait expliqué à Reporters, Miloud Brahimi, avocat des accusés. S’en suivait par la suite, le retour au pays de Khaled Nezzar, condamné par contumace à 20 ans de réclusion criminelle et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international pour «complot contre l’autorité de l’armée» et «atteinte à l’ordre public». Le retour de l’ancien ministre de la Défense continue de susciter moult interrogations dans les milieux politiques et réseaux sociaux.
En plus de cette affaire, il y aura également d’autres qui reviendront sur scène notamment celle dite du montage automobile et du financement occulte de la campagne présidentielle de l’ancien président déchu et qui sera rouverte le 9 janvier prochain. Cette audition intervient suite à l’avis de la Cour suprême qui a accepté, fin novembre, la cassation introduite par Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et les hommes d’affaires condamnés dans cette affaire.

Prochain réexamen des affaires Sonatrach 1 et Autoroute Est-Ouest
Seront également ouverts prochainement l’affaire Sonatrach 1 et celle de l’Autoroute Est-Ouest inscrites dans l’agenda du Tribunal criminel d’Alger qui devra réexaminer ces deux lourds dossiers sur demande de la Cour suprême. Le dossier de l’Autoroute Est-Ouest est programmé pour le 21 janvier et celui relatif à Sonatrach 1 est prévu pour le 17 février 2021. Dans l’affaire de l’Autoroute est-ouest, des peines de prison allant de 1 an avec sursis à 20 ans de réclusion, faut-il le rappeler, ainsi que trois acquittements, ont été prononcés en mai 2015 contre 23 personnes morales et physiques impliquées dans cette affaire de corruption, dont le procès s’est déroulé au Tribunal criminel d’Alger. Quinze personnes et 7 entreprises étrangères étaient impliquées dans cette affaire dont le procès a été tenu après deux reports et une tentative de la défense de le requalifier, en 2014, en correctionnelle.
Dans l’affaire Sonatrach 1, examinée par le Tribunal criminel d’Alger, début 2016, une peine de 6 ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 1 million de dinars à l’encontre du principal accusé dans l’affaire Sonatrach 1, le président du conseil d’administration du groupe algéro-allemand Contel Funkwerk, Al Ismaïl Mohamed Reda Djaafar. Une peine d’emprisonnement ferme de 6 ans, assortie d’une amende de 2 millions de dinars avait été également prononcée contre Meziane Mohamed Reda, fils de l’ex-PDG de Sonatrach. Meziane Mohamed, l’ex-PDG de Sonatrach, avait été condamné, lui, à une peine de 5 ans avec sursis assortie de 2 millions DA d’amende.
Par ailleurs d’autres figures politiques du règne d’Abdelaziz Bouteflika sont attendues dans les tribunaux à l’image d’Azedine Mihoubi, ancien ministre de la Culture (2015-2019) et candidat à la présidentielle du 12 décembre 2019, qui a été auditionné il y a trois semaines par le juge d’instruction près le Tribunal de Bir Mourad Raïs dans des affaires de corruption.
Khalida Toumi, Houda Faraoun et Djamila Tamazirt, en détention provisoire, attendent, quant à elles, la programmation de leurs procès.