Les appels de l’opposition au départ de Noureddine Bedoui ne cessent pas. Parmi les chefs de partis politiques qui demandent que le Premier ministre soit démis de ses fonctions il y a Ali Benflis, de Talaïe El Hourriyet, et Soufiane Djilali, de Jil Jadid.

Les deux responsables se sont de nouveau exprimés sur l’Exécutif, et l’avenir à lui réserver pour tenter, selon eux, de sortir de la crise politique et institutionnelle que vit le pays actuellement, à l’occasion de leurs rencontres respectives, mercredi et jeudi derniers, avec une délégation du panel pour le dialogue et la médiation.
Dans le mémorandum qu’il a remis au chef de file du panel, mercredi 21 août, Ali Benflis a insisté de nouveau sur la nécessité de confier les affaires courantes à un «gouvernement de compétences» qui aura entre autres charges de préparer les conditions pour la tenue d’une élection présidentielle qu’il juge la plus sûre pour mettre fin à la crise politique et institutionnelle. Dans la déclaration de Jil Jadid qui a suivi la rencontre avec Karim Younès et son groupe, son président Djilali Soufiane a souligné que parmi les mesures d’apaisement à prendre avant d’entamer un «dialogue sérieux» avec le pouvoir figurent «la libération des détenus d’opinion» et «le départ du gouvernement actuel». Pour de nombreux observateurs, l’appel de Talaïe El Hourriyet et de Jil Jadid au départ du gouvernement n’est pas l’expression seulement de leurs positions à l’égard de la situation politique depuis avril dernier – qui a vu l’ancien chef de l’Etat démissionner et abandonner sous la pression de la rue son projet de briguer un 5e mandat – et les solutions à lui trouver. Il s’agirait d’un avis qui, s’il n’est pas partagé totalement par le président de l’Etat, Abdelkader Bensalah (dont le départ est de moins en moins imaginé pour des raisons de stabilité et d’image institutionnelles), et le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, n’est pas totalement rejeté non plus.
Au sein du pouvoir, l’option de «déquiller» Noureddine Bedoui de son poste, l’expression est du rédacteur, demeure envisageable et prend forme au fur et à mesure que les jours passent. Ce sera sans doute le panel pour le dialogue et la médiation qui, cherchant à convaincre les courants d’opposition et le Hirak du bienfondé de son action, devrait lui donner davantage de contenu et de forme. «Le dialogue en soi devrait aboutir à une solution acceptable par tous (…) Dans toute autre perspective, le dialogue prôné par le panel deviendra sans objet, et celui-ci perdra sa raison d’être», a déclaré le leader de Jil Jadid, une manière de souligner que parmi les «préalables» évoqués dès le début par son chef de file, Karim Younès, il y en a un qui doit être satisfait au plus vite. Il concerne le décampement du gouvernement et de son Premier ministre surtout.
Quand ? Il est des questions dont les réponses dépendent de l’évolution du terrain politique et sont, donc, rendues difficiles. Il est également des circonstances et des périodes où il s’agit d’éviter la précipitation. La notion de gestion des affaires courantes y prennent alors tout leur sens comme on le constate aujourd’hui à la veille de la rentrée sociale. Indésirable par les courants d’opposition ou pas, M. Noureddine Bedoui et son gouvernement doivent préparer cette rentrée et avec les précautions d’usage quand le contexte et la conjoncture sont à la crise.
Mercredi dernier, à la «Chefferie», le mot d’ordre aux ministres était de se mobiliser pour une reprise qui soit la moins conflictuelle possible, avec la prise en charge des dossiers sensibles, comme ceux de la solidarité et de l’aide aux catégories sociales vulnérables, du logement, pour lequel des instructions ont été données pour que les programmes de réalisation et de distribution soient respectés, et des rentrées scolaire et universitaire, qu’il s’agit d’assurer dans les meilleures conditions, matérielles et d’équipement notamment.