Le baccalauréat débute aujourd’hui dans un contexte exceptionnel de crise sanitaire. Le nouveau coronavirus, Covid-19, a raboté comme jamais la durée de l’année pédagogique et le programme des élèves de terminale. Une perturbation qui oblige l’Education nationale à limiter les sujets aux seuls cours enseignés durant les premier et second trimestres.

C’est un Bac très particulier qui commence aujourd’hui pour plus de 630 000 candidats attendus dans des centres d’examen, dans ce qui représente incontestablement un rendez-vous important pour l’avenir des postulants fortement perturbés par les péripéties d’une année scolaire 2019-2020 marquée du sceau de la pandémie de la Covid-19 qui a bousculé le calendrier des examens.
Mais plus que le report des épreuves du baccalauréat, qui se tiennent traditionnellement au mois de juin de chaque année scolaire, la pandémie a imposé également d’autres conditions sanitaires en matière d’organisation et d’encadrement de l’examen dont le déroulement, une fois n’est pas coutume, est sous le signe de la Covid-19 et ses exigences de prévention.
D’où l’importance que revêt manifestement cette session 2020 de l’examen du baccalauréat, qui se tient une semaine après le déroulement des épreuves du Brevet d’enseignement moyen (BEM) qui, en dépit du taux d’absentéisme déploré par les organisations syndicales, n’a pas connu de couacs s’agissant des mesures de prévention édictées par le protocole de santé mis en place par les autorités.
L’importance de ce rendez-vous réside aussi dans le fait qu’il renseignera sur les capacités et les dispositions de la tutelle à garantir d’ici un mois une rentrée 2020-2021 fortement appréhendée par les acteurs de l’Education nationale au vu du grand nombre d’écoliers attendus. Par les chiffres, ils seront 637 538 candidats à subir à partir d’aujourd’hui les épreuves du Bac dont 223 668 candidats libres. Les postulants seront répartis sur 2 261 centres d’examen encadrés par 192 300 enseignants. Pour cet examen, c’est à partir d’Annaba que le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, accompagné du ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, donnera le coup d’envoi de ce rendez-vous qui s’étalera sur cinq jours.
Redoutant les conséquences de la crise sanitaire sur la psychologie des candidats et surtout la rupture de leurs habitudes scolaires, la tutelle et les syndicalistes avaient appelé les associations des parents d’élèves ainsi que les enseignants à faire un réel travail de sensibilisation et d’accompagnement des élèves-candidats sur les plans psychologique et pédagogique.
Le département de Mohamed Ouadjaout a, pour sa part, rassuré les candidats que les sujets de l’examen seront limités aux cours dispensés en présentiel durant les 1er et 2e trimestres de l’année scolaire 2019-2020. Il avait également rappelé les mesures organisationnelles «exceptionnelles» prises en vue d’assurer le bon déroulement de cet examen, compte tenu de la conjoncture sanitaire induite par la propagation du nouveau Coronavirus.
Son secteur avait élaboré, à cet effet, quatre protocoles sanitaires approuvés par le ministère de la Santé, en vue de protéger les candidats et les encadreurs, mais également pour éviter la propagation de la pandémie, à travers l’engagement du gouvernement à réunir tous les moyens de prévention au niveau de tous les centres d’examen que compte le pays. Le ministre de l’Education a appelé les directeurs de l’Education au niveau national au «strict respect» des instructions et mesures règlementaires et sécuritaires stipulées dans les différentes circulaires relatives à l’organisation de l’examen du Bac, affirmant que le département de l’Education ne ménagera aucun effort pour garantir la réussite de cet examen.
Il a insisté sur «la stricte application de toutes les mesures et instructions règlementaires et sécuritaires stipulées dans les différentes circulaires relatives à l’organisation des épreuves du Bac, notamment la prise de toutes les mesures préventives afin de garantir une couverture suffisante à l’ensemble des centres d’examen d’une moyenne d’un observateur pour chaque centre avec la désignation d’un nombre supplémentaire d’observateurs en cas d’absence.

Des poursuites contre les fraudeurs
Dans le but de préserver la crédibilité du baccalauréat et veiller à la consécration du principe d’égalité des chances, la tutelle a introduit des dispositions dans le code des procédures pénales criminalisant l’acte de la fraude durant les épreuves.
Ces sanctions qui dépassent désormais les peines administratives sont devenues désormais judiciaires. D’ailleurs, tout candidat rendu coupable de copiage ou de toute autre forme de fraude lors des épreuves du Bac ou du BEM sera tout simplement traduit en justice pour «atteinte à l’intégrité des examens et des concours». La tutelle a, dans ce sens, mis l’accent sur l’importance de rappeler aux surveillants les peines judiciaires pouvant être infligées en cas de triche ou tentative de triche ou complicité.
Pour sa part, le ministère de la Poste et des Télécommunications coupera la connexion internet pendant une heure, au début de chaque épreuve du baccalauréat, pour éviter tout ce qui peut entacher cet examen scolaire et d’interdire au niveau des centres d’examen des téléphones portables et, des outils numériques et objets connectés. <