Le syndicat de la corporation, le Snapo, s’insurge et accuse la direction générale des services de santé au ministère
du même nom de vouloir cantonner les professionnels à de simples vendeurs médicaments.

PAR MILINA KOUACI
Pour faire entendre sa voix, le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) est sorti de son silence au lendemain de la note de la Direction générale des services de santé et de la réforme hospitalière instruisant les Directeurs de santé publique (DSP) d’agir contre les pharmaciens qui procèdent à des analyses médicales à l’intérieur de leurs officines.
La Direction générale des services de santé et de la réforme hospitalière a, en effet, mis en garde les pharmaciens ne respectant pas la réglementation de la profession de pharmacien d’officine de « sanctions administratives pouvant aller jusqu’à la fermeture de la pharmacie ». Or, la note ne passe pas chez les pharmaciens. « Nous refusons la stigmatisation du pharmacien d’officine et toutes les tentatives actuelles pour diminuer son rôle et ses compétences », dénonce le Snapo dès qu’il a pris connaissance de la note en question.
Le Syndicat explique qu’il ne plaide pas pour autant « l’ouverture de laboratoires », mais revendique « le droit d’élargir la pratique officinale », conformément aux recommandations de l’OMS et à tout ce qui se fait dans les autres pays du monde. Le Snapo dit défendre « le principe de la compétence et de l’habilitation technique et professionnelle du pharmacien » à effectuer des analyses médicales à travers sa formation, ses stages et son internat au sein des plus grands laboratoires des CHU qui font de lui un « professionnel de santé possédant les connaissances adéquates et requises pour effectuer des analyses médicales et les interpréter », ajoute le syndicat.
Cette organisation syndicale refuse que le pharmacien soit réduit à « un simple acheteur-vendeur » de médicaments, en précisant qu’un officinal est un professionnel de santé qui exerce une profession médicale et qui aspire à jouer son rôle à part entière au sein du système national de santé. Par sa formation, le pharmacien est appelé à jouer un rôle important dans le « suivi des malades chroniques, l’observance des traitements, la prévention, l’éducation sanitaire et le dépistage », ajoute la même source.
Le syndicat accuse les autorités compétentes de « se précipiter pour instaurer des interdits » et priver des citoyens des services, que peuvent leur rendre les pharmaciens pour préserver leur santé, et éviter en parallèle, au pays des dépenses qu’il qualifie « d’inutiles » pour la santé et pour la sécurité sociale.
Ce syndicat rappelle qu’il a toujours plaidé pour l’instauration d’un cadre réglementaire clair définissant les modalités de réalisation des analyses médicales au sein de l’officine, à commencer par une liste définie des paramètres réalisables et autorisés. Il cite, en effet, l’article 179 de la loi sanitaire, qui s’inscrit dans l’évolution du métier du pharmacien d’officine, tout en regrettant le retard mis par l’autorité sanitaire dans l’élaboration des textes d’application. Cette clause permet au pharmacien d’assurer des services liés à la santé des usagers notamment en décourageant l’automédication et en suscitant l’utilisation des génériques.
La Direction générale des services de santé et de la réforme hospitalière a accusé dernièrement des pharmaciens privés d’effectuer des analyses médicales au sein de leur officine en faisant mention de laboratoire d’analyses médicales sur l’enseigne de la pharmacie, ce qui constitue, selon elle, une infraction à la réglementation régissant les deux professions de santé. Le bureau national du Snapo fait savoir qu’une réunion aura lieu dans les prochains jours au ministère de la Santé au sujet de ladite note de la Direction générale des services de santé et de la réforme hospitalière. <