Force est de constater que le Dr Mohammed Meddane, co-directeur de l’EURL dénommée Medsante, spécialisée dans la distribution de dispositifs médico-chirurgicaux et dentaires, domiciliée à Tlemcen, se heurte à un véritable mur d’indifférence nommé bureaucratie dans lequel il cherche à ouvrir une brèche à travers la presse. Et pour cause, la lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui, et celui du Travail, Mourad Zemali, par le distributeur en question n’a pas eu de suite malgré l’argumentaire scientifique développé dans sa correspondance, selon les documents en notre possession.

«Nous proposons une alternative révolutionnaire permettant de mesurer le taux de glycémie de manière non-invasive tout en réduisant le coût de ces mesures », nous fera-t-il savoir. Et d’ajouter : « Avec cette nouvelle solution, il n’y a plus de lancettes, plus de bandelettes réactives et plus de piqûres. Nous avons finalisé notre étude et sommes en mesure de fournir un glucomètre non invasif portatif et personnel de marque Eser, du fabricant chinois fondé en 2002 et spécialisé dans la conception, le développement et la fabrication de dispositifs médicaux ».
A ce titre, Medsante souhaite contribuer à améliorer le quotidien des patients diabétiques dans notre pays et à baisser le coût global de prise en charge de cette pathologie, si l’en on croit le Dr Mohammed Meddane. Dans son exposé des motifs, le gérant de cette EURL indique qu’en 2017, la Fédération internationale du diabète (FID) a estimé le nombre de patients atteints de diabète en Algérie à 1 800 000 avec une prévalence de 6,9%, dont plus de 30% des diabétiques sont insulinodépendants (DID).
Le nombre d’enfants et d’adolescents porteurs du DID est estimé à 42 500 patients. « Si seulement 100 000 patients adoptent le glucomètre non invasif Eser, cela peut représenter de 6 600 000 000 00 DA à 9 900 000 000 00 DA d’économies par an », estime-t-il.
En guise de plaidoyer, le gérant invoque un article de journal national qui a traité le sujet du diabète et selon lequel « la prise en charge d’une boite de bandelettes par trimestre concerne uniquement et exclusivement les malades chroniques de type 2 stabilisés traités par hypoglycémiants oraux et non insulino-requérants et ce, conformément aux normes de bonne pratique médicale, aux normes et standards universels et recommandations de l’OMS. Néanmoins, pour les malades diabétiques de type 2 chez qui une insulinothérapie a été instaurée par le médecin traitant, la totalité des bandelettes réactives prescrites sont prises en charge après accord médical de la CNAS. Aussi, la même source a précisé que le nombre de malades diabétiques pris en charge par la CNAS durant l’exercice 2017 s’élevait à 1 479 244 malades dont 446 596 de type 1 (insulinodépendant) et 1 032 648 de type 2 (non insulinodépendant). S’agissant du nombre de boîtes de bandelettes réactives prises en charge par la CNAS au cours de l’exercice 2017, le ministère a fait savoir qu’il s’agit de 8 515 869 boîtes.
Outre, la prise en charge des bandelettes réactives, l’État a consenti des efforts considérables en matière de médicaments relatifs à cette maladie au regard des dépenses y afférentes qui se sont élevées, durant l’exercice 2017, à 37 765 933 859, 76 DA dont 7 900 857 706,49 DA pour les antidiabétiques oraux et 29 865 076 153 ,27DA pour les insulines, soit 19,6% de la dépense globale en remboursement du médicament ».
Lobbying des importateurs de bandelettes et lancettes de glycémie
Devant ce statut quo qui ne dit pas son nom, « le lobbying des importateurs de bandelettes et lancettes de glycémie va tout faire pour essayer de bloquer l’introduction du glucomètre non évasif dont le service rendu pour le patient et le budget de l’Etat est énorme », prévient le Dr Mohammed Mennad qui précise que sa société reste cependant à la disposition des autorités sanitaires pour faire parvenir des échantillons et faire des tests. Dans ce sillage, notre interlocuteur évoquera le problème des Programmes Prévisionnels d’Importation communément appelés les PPI. Il nous confiera qu’il a contacté dernièrement le directeur de cabinet auprès du ministère de la Santé, en l’occurrence Merzak Ghernaout, le sollicitant d’intervenir auprès de la direction de pharmacie pour « lever les multiples blocages injustes qui entravent l’activité de la petite société Medsante » en lui faisant savoir qu’une « partie des PPI 2018 remis tardivement sont incomplets, ce qui empêche Medsante de proposer des solutions aux centres demandeurs qui souhaitent prendre en charge convenablement les AVC ischémiques et les embolies pulmonaires graves ».
Aujourd’hui, cette procédure dite PPI suscite, dit-on, de vives inquiétudes parmi les professionnels du secteur de la santé en Algérie. Et pour cause, cette procédure aurait été utilisée, selon certains, par la direction de pharmacie hors des limites réglementaires et constitue un des principaux moyens pour bloquer certains opérateurs qui gênent l’expansion des situations monopolistiques détenues par certains importateurs privés ou représentants de laboratoires internationaux en Algérie.