L’Assemblée populaire nationale (APN) est de plus en plus boudée par les parlementaires. Après la démission, la semaine dernière, de la députée du Front des forces socialistes (FFS) Salima Ghezali, c’est au tour du parlementaire du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Yacine Aissiouane d’en faire autant.
«J’ai décidé de reprendre ma liberté de citoyen en démissionnant de l’APN. J’en appelle à la conscience de mes camarades de l’opposition démocratique pour faire de même et d’être au diapason des revendications de notre peuple», a-t-il écrit, hier, sur sa page Facebook. Avant de préciser que «nous ne ménagerons aucun effort dans le but d’ouvrir de nouvelles perspectives avec toutes les forces vives qui souscrivent aux fondamentaux démocratiques qu’appelle la construction de l’Algérie nouvelle». Le geste du député est solitaire et n’a aucunement de rapport avec une quelconque décision de son parti, lequel, pour rappel, avait décidé de geler ses activités au sein du Parlement en signe de soutien au mouvement du 22 février. Et pour cause. Il fait partie des contestataires de l’actuelle direction du parti. En effet, un conflit interne, qui couvait depuis plusieurs mois au RCD, a fini par éclater au grand jour, fin août dernier. Et c’est sur Facebook que les contestataires et la direction du RCD s’échangeaient les accusations. Ce sont les mécontents et pourfendeurs de la direction qui ont ouvert les hostilités en adressant un courrier au président du RCD, Mohcine Belabbas, signé par plus d’une quarantaine de militants, dont des élus locaux et nationaux, des membres du Conseil national, dont le désormais ex-député Aissiouane. Dans le document en question, il est fait état de plusieurs reproches à Mohcine Belabbas notamment une gestion d’une «main de fer» du parti, «refus de tout débat interne» ainsi que «certaines prises de positions», lesquelles, selon les contestataires, «ne cadrent pas avec les principes fondateurs du parti». «Sur le plan des principes, par discipline et sincérité, nous avons suivi des propositions et appliqué des décisions qui ne nous ont pas toujours plu. Avec le recul, ces décisions auraient donc un sens et un but : liquider le RCD», avaient entre autres reproché les contestataires. Mais pas seulement. Les mécontents au RCD ont également remis en cause la structuration ainsi que les nominations aux postes de responsabilités. De son côté, Mohcine Belabbas n’a pas manqué de répliquer, toujours sur Facebook, en rendant public un document dans lequel il accuse les rédacteurs du document de vouloir «déstabiliser le RCD». «Le document vise à déstabiliser le RCD en ces temps de révolution pour le compte du pouvoir de fait», note le président du RCD, avant de soutenir que «les militants du RCD et ses dirigeants n’ont jamais refusé le débat». Depuis, autant les membres de la direction que les contestataires n’ont cessé de s’échanger des accusations. Hier, le député Aissiouane a pris la décision de démissionner de l’APN, une démarche qui se démarque de celle de la direction du parti.